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Malawi : Grâce au gombo, une agricultrice gagne assez d’argent pour envoyer ses enfants à l’école

La vie est devenue difficile pour Annie Basikolo en 2004, lorsque son mariage s’est soldé par un divorce. Elle avait de la difficulté à nourrir ses enfants et payer leurs frais de scolarité. Elle ne disposait ni assez d’argent ni assez de temps.

Toutefois, les choses ont commencé à changer en 2005, quand elle s’est mise à cultiver du gombo dans son jardin dans le village de Njovu situé non loin de Lilongwe, la capitale du Malawi. Elle cultivait du gombo pour nourrir sa famille. Mais de nombreux Malawiens aiment accompagner le nsima, aliment de base préparé sous forme de pâte de maïs épaisse, avec le gombo en guise de condiment ou de sauce. Lorsque les habitant(e)s de la ville ont commencé à lui réclamer ce légume, Mme Basikola a réalisé que ce légume lui offrait un marché.

Depuis lors, Mme Basikolo a agrandi son champ de gombo de près d’un quart d’hectare, soit un peu moins de la moitié d’un terrain de football. Elle commence à semer dès le début des premières pluies, tout en employant bien les ressources d’eau peu fiables de sa région.

Comme son champ n’est pas loin du fleuve, elle peut également irriguer ses cultures. L’irrigation lui permet de récolter du gombo pendant près de six mois. Mme Basikolo améliore la santé et fertilité du sol de son champ en appliquant le plus de fumier composté qu’elle peut se procurer.

La culture du gombo est une réussite pour Mme Basikolo. Elle soutient qu’il ne faut pas beaucoup de temps pour que le gombo rapporte des gains à celles et ceux qui le cultivent. Elle explique : « Je récolte les fruits tendres du gombo à l’aide d’un couteau tranchant presque chaque jour, et ce, deux mois après les semailles. Je récolte environ huit kilos de gombo par jour, et cela me rapporte les revenus dont j’ai tant besoin pour ma famille. » Elle vend ses produits aux acheteurs empressés du marché communal, à proximité du secteur 23 à Lilongwe.

Joseph Mtengezo est agent de vulgarisation agricole à Lilongwe. Il affirme que le gombo est en général considéré comme une culture de subsistance au Malawi, avec moins de 100 hectares cultivés aux alentours de Lilongwe. Cependant, la demande est très forte au niveau des citadines et des citadins, et M. Mtengezo est convaincu que ce produit agricole pourrait transformer la vie des agricultrices et des agriculteurs d’exploitations familiales.

Il soutient que plusieurs agricultrices et agriculteurs récoltent peu parce qu’ils associent la culture du gombo à celle du maïs. Il explique : « J’encourage les agricultrices et les agriculteurs à se tourner vers la monoculture et à délaisser la polyculture, s’ils veulent récolter davantage. »

John Molosoni est un agriculteur du village de Ching’amba, situé à 60 km à l’est de Lilongwe, qui suit les conseils de M. Mtengezo. Il raconte : « Cette année, j’ai observé une nette amélioration au niveau de la récolte de gombo après être passé de la polyculture à la monoculture. »

M. Molosoni envisage de cultiver plus de gombos pendant la prochaine saison pluvieuse. Il a bon espoir que des récoltes plus importantes seront synonymes d’un meilleur revenu pour sa famille.

Mme Basikolo a un seul problème avec le gombo : les fruits ont de toutes petites épines qui irritent ses mains lorsqu’elle les récolte.

Néanmoins, le gombo a changé sa vie. Grâce aux ventes quotidiennes de 10 $US, elle peut facilement payer les frais de scolarité de ses enfants qui s’élèvent à 45 $US par trimestre. Ses enfants fréquentent l’école secondaire publique locale pendant le jour, et Mme Basikolo s’assure que leur repas les attend sur la table dès leur retour à la maison.