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Liberia : Un agriculteur rapatrié tire profit des patates douces

Boakai Sheriff est revenu de la Guinée voisine après les élections d’après-guerre organisées au Liberia. I a passé 13 ans en exil.

M. Sheriff travaillait comme chauffeur commercial au début des années 90. Cependant, il avait presque tout perdu en fuyant la guerre et, de retour au Liberia, n’avait réussi à se trouver un emploi. Bien qu’il n’eût aucune terre, l’homme de 51 ans a décidé de se lancer dans l’agriculture.

M. Sheriff est originaire de Palala, une collectivité où la production légumière est la principale activité, dans le comté de Bong, situé à environ 190 kilomètres au nord-est de la capitale, Monrovia. En tant que rapatrié, M. Sheriff a reçu dix hectares de terre pour cultiver. Il a décidé de cultiver du manioc. Toutefois, il déclare : « Deux années passées à cultiver du manioc ne m’ont pas permis d’amasser suffisamment d’argent pour ma famille à cause de la faible demande sur le marché. »

En 2009, il a décidé d’expérimenter une nouvelle culture : les patates douces. M. Sheriff ne savait pas comment cultiver cette plante. Mais une organisation non gouvernementale locale qui encourage les populations à pratiquer l’agriculture à petite échelle comme activité a organisé un atelier sur la culture des patates douces à chair orange riches en nutriments et savoureuses. M. Sheriff y a pris part.

La formation lui a été d’une grande utilité. Il explique : « J’ai appris à préparer les planches de patates et je sais comment mieux consigner … mes dépenses. Je [gagne] plus d’argent avec la patate qu’avec le manioc. »

L’épouse de M. Sheriff, Asata, craignait que la commercialisation des patates douces soit aussi difficile que celle du manioc. Toutefois, ils sont parvenus à nouer des contacts avec des commerçant(e)s de Monrovia.

En 2014, M. Sheriff a gagné plus de 500 000 dollars libériens [5 400 $US] en vendant 200 sacs de patates douces à chair orange. De plus, il a créé de l’emploi pour des gens de la localité en les embauchant pour travailler dans sa ferme.

Pour mettre à profit sa réussite, M. Sheriff a l’intention d’agrandir son exploitation. Il raconte : « Cette année j’investirai près de cinquante mille dollars [540 $US] dans cette ferme, et j’espère gagner pas moins de [6 000 $US] avec la prochaine récolte. »

Il a l’intention d’acheter une pompe pour approvisionner sa ferme en eau. Cela devrait lui permettre de continuer à cultiver même en saison sèche.

Mme Sheriff n’était pas motivée quand son mari a décidé de se lancer en agriculture, mais l’enthousiasme de ce dernier à susciter son intérêt. Elle est fière de l’estime dont jouit son mari au sein de la communauté parce qu’il travaille dur.

En effet, sa réussite suscite beaucoup d’admiration. Binda Flomo cultive également à Palala. Il déclare : « J’ai appris beaucoup de choses de M. Sheriff, en ce qui a trait à la façon d’améliorer] la culture de la patate en vue de maximiser mes gains, et cette année, je vais moi-même cultiver des patates douces. »

La collectivité de M. Sheriff l’a choisi pour être un producteur, chef de file de patates douces, en reconnaissance de son travail, du temps et des efforts qu’il consacre à sa ferme.

Il subvient bien aux besoins de sa famille. Il déclare : J’ai acheté une camionnette pour transporter mes patates en ville. J’ai également acheté un terrain en ville, j’ai ouvert une épicerie pour ma femme et, la meilleure des réalisations, c’est que mes huit enfants vont tous à l’école et ont de très bons résultats. »

Photo crédit: Jefferson Massah