Libéria : Les agricultrices et les agriculteurs s’inquiètent d’une épidémie d’Ebola (par Prince Collins, pour Agro Radio Hebdo)

| mars 31, 2014

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Le 24 mars 2014, le ministère de la Santé et du Bien-être social du Libéria a signalé la découverte de la maladie d’Ebola dans la ville libérienne du nord de Foya, dans le comté de Lofa. Le ministère a déclaré que cinq personnes étaient mortes des suites de l’infection par le virus d’Ebola. Un enfant suit présentement un traitement.

Les agricultrices et les agriculteurs dans le comté de Lofa, lequel est considéré comme le grenier du Libéria, sont effrayés. Certains disent que l’épidémie va forcer leurs familles à déménager. Samuel Brown est un agriculteur de 46 ans et père de six enfants dans le comté de Lofa. Il dit: « J’ai très peur en ce moment. Ma ferme est à proximité de la ville frontalière du Libéria et de la Guinée », s’exprime-t-il.

Le fait de déménager mettrait la récolte en doute. M. Brown dit que s’il abandon sa ferme, « les oiseaux vont manger le maïs de la ferme et je vais tout perdre ».

Le milieu de la recherche médicale n’a pas trouvé de remède contre la maladie d’Ebola. Dr. Bernice Dahn est la femme médecin chef du Libéria. Tout en annonçant l’épidémie, elle a signalé que le virus d’Ebola avait été transmis par la Guinée, un des pays voisins, où il avait tué plus de cinquante personnes.

« On rapporte que la maladie se propage le long de la frontière avec le Libéria, en particulier dans les communautés et les villes à proximité des villes guinéennes suivantes : Guekedou, Nzérékoré, Kissidougou et Macenta », affirme-t-elle.

Dr Dahn a déclaré que les autorités étudiaient la situation, retraçaient les contacts, faisaient la collecte d’échantillons de sang et éduquaient les autorités sanitaires locales quant à la maladie.

Un groupe de travail national sur les urgences médicales a été réactivé en vue de coordonner l’étude et de mobiliser des ressources et des experts et ainsi prévenir la propagation de la maladie.

Lorpu Phocole est une mère célibataire qui cultive de l’ananas dans le comté de Lofa. « Je n’ai d’autre choix que de partir. Ma vie est plus importante. Si je survis, je vais encore exploiter une ferme de culture d’ananas, mais pour l’instant, ma famille et moi devons déménager », explique-t-elle.

Mme Phocole fait face à de lourdes pertes si elle se déplace. Elle a dépensé beaucoup d’argent pour maintenir sa ferme en fonctionnement.

Jeremiah Cole est à la tête du Farmers’ Network (réseau des agricultrices et des agriculteurs) dans le comté de Lofa. Il dit qu’il est troublant d’apprendre que certaines agricultrices et certains agriculteurs déménagent à cause de l’épidémie. « La plupart de nos agricultrices et de nos agriculteurs viennent tout juste de commencer à planter leurs semences pour la saison agricole en cours. Ils feront face à une énorme perte. J’espère que le gouvernement réussira à travailler rapidement pour enrayer la situation. C’est un vrai cauchemar », dit-il.

Dr. Walter Gwenigale est le ministre de la Santé du Libéria. Il rapporte que la présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf est au courant de l’épidémie et ajoute que le gouvernement alloue des fonds pour lutter contre le virus. Le ministre de la Santé a exhorté les Libériens, en particulier les commerçantes et les commerçants du marché et les agricultrices et les agriculteurs, à limiter leurs déplacements pour éviter les zones touchées par le virus d’Ebola.

Pour obtenir un supplément d’informations sur l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, visitez le http://www.irinnews.org/report/99840/curbing-west-africa-s-ebola-outbreak (en anglais seulement).