Kenya : Une agricultrice tire profit de la culture de légumes indigènes au moyen de la technique du zaï (AfricaScienceNews)

| février 20, 2017

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La chaleur accablante et les routes sinueuses et poussiéreuses qui mènent à Block Kamuchege A, un village du comté de Kirinyaga, au Kenya, brossent un tableau sombre des effets du changement climatique. Pendant plusieurs années, il a été impossible pour les agriculteurs de cette région de produire suffisamment de nourriture.

La région de Kamuchege est fortement tributaire de la production rizicole. Toutefois, Elizabeth Wambui, 38 ans, gagne sa vie en cultivant des légumes traditionnels au moyen de techniques telles que les trous zaï et l’arrosage à intervalles réguliers. Elle cultive des légumes comme le terere (amarante), le managu (aubergine africaine), le kunde (niébé) et le sukuma wiki (un légume-feuille vert) sur son lopin d’une demi-acre.

Avant de se lancer dans le maraîchage, Mme Wambui cultivait le maïs. Cependant, elle ne pouvait pas compter sur les récoltes de maïs en raison des conditions climatiques imprévisibles auxquelles la région est soumise.

Mme Wambui affirme que les bénéfices que lui rapporte le maraîchage sont meilleurs à ceux que lui rapportait le maïs. De plus, elle peut aller vendre son produit régulièrement au marché, ce qui lui permet d’avoir une source de revenus fiable. Elle explique : « [Le] marché des légumes est excellent. Il faut environ huit mois au maïs pour parvenir à maturité, mais on peut récolter l’amarante seulement après six semaines, et à partir de ce moment vous pouvez continuer à cueillir les feuilles. »

Toutefois, le chemin parcouru par Mme Wambui pour devenir une maraîchère prospère n’a pas été de tout repos. Elle a commencé avec une cuillère à café de graines d’amarante fournies par une organisation non gouvernementale locale surnommée Farm Input Promotions Africa. Elle explique : « Lorsque j’ai choisi ces semences, je ne savais pas que c’est la chance que je décrochais. L’amarante est devenue ma banque. »

Mme Wambui utilise du fumier organique produit par son bétail pour cultiver les légumes. Elle explique : « J’économise sur les coûts de production. Mes clients achètent généralement en gros. Par conséquent, il n’y a pas de gaspillage. »

Mme Wambui a également appris les techniques de conservation de l’eau et de remise en état des terres érodées à l’aide des trous zaï.

Les trous zaï sont une technique traditionnelle qui aide à remettre en état les terres arides et restaurer la fertilité des sols. Les trous sont creusés à l’aide d’une pioche, et mesurent environ 20 à 30 centimètres de diamètre et 15 à 20 centimètres de profondeur.

Les trous sont disposés en lignes décalées dans un champ ou le long d’une courbe de niveau d’une colline, avec une distance de 100 centimètres au maximum entre chaque trou zaï. Les agriculteurs versent généralement quelques poignées de fumier dans chaque trou une fois tous les deux ans, et sèment des graines dans les trous après que le sol a été bien trempé par les premières pluies. Les graines sont semées autour du bord intérieur du trou, et pas au centre. Les trous zaï peuvent servir à cultiver également du maïs et d’autres denrées.

Mme Wambui explique : « J’utilise cette technique pour réduire les pertes en eau lorsque j’arrose mon potager. » Elle conseille aux maraîchers d’avoir une source d’eau près de leurs champs pour assurer une production permanente, et ce, même en saison sèche.

Elle ajoute : « J’achète du gazole à environ 200 shillings [1,90 $US], pour pomper l’eau du canal afin d’arroser les légumes. J’arrose le potager une fois par semaine. [En outre], les mauvaises herbes font concurrence aux légumes pour avoir l’eau et les nutriments et pourraient abriter des organismes. Par conséquent, il est important de limiter leur présence au strict minimum. »

Elizabeth Waweru Munene est la conseillère villageoise de Farm Input Promotions Africa, à Kamuchege. Selon elle, la production de légumes irrigués est la solution aux pénuries alimentaires constantes qui touchent la région. Elle ajoute que grâce aux formations sur l’agriculture intelligente face au climat, la conservation des ressources écologiques, l’accès aux marchés et les moyens de subsistance alternatifs, les agriculteurs de la région ont désormais des récoltes suffisantes.

Mme Munene déclare : [Nous] offrons [aux] agriculteurs de la région de Kamuchege d’autres sources de nourriture et de revenus lorsque les cultures ne réussissent pas. Ils peuvent vendre des légumes … et survivre grâce aux revenus générés par ces activités. »

Mme Wambui soutient qu’il est important d’utiliser les bonnes semences lorsqu’on fait du maraîchage. Elle ajoute : « Pour avoir un bon légume, vous devez faire pousser les semis dans la pépinière pendant un mois, avant de les repiquer dans le potager [tout en] épandant du fumier organique. »

Elle affirme qu’elle est prête à acheter plus de semences pour agrandir sa superficie de légumes, car elle voit les bénéfices que ces derniers lui rapportent. Elle ajoute : « Je veux investir davantage dans cette [nouvelle] variété d’amarante, car je me suis rendu compte de la valeur qu’elle avait. »

Le présent article est inspiré de l’article « Gagner de l’argent grâce aux légumes indigènes dans le comté de Kirinyaga ». Pour lire l’intégralité de l’article, cliquez sur : http://africasciencenews.org/picking-profits-from-indigenous-vegetables-in-kirinyaga-county

Pour en savoir davantage sur les trous zaï, consultez ce texte radiophonique de l’Ensemble de ressources pour la radio agricole 101, intitulé « Les agricultrices et les agriculteurs améliorent les rendements grâce à des pratiques traditionnelles de formation du sol qui restaurent et fertilisent les sols dégradés » : http://scripts.farmradio.fm/fr/radio-resource-packs/recueillir-et-utiliser-les-reactions-de-lauditoire-et-evaluer-les-emissions-radiophoniques/les-agricultrices-et-les-agriculteurs-ameliorent-les-rendements-grace-a-des-pratiques-traditionnelles-de-formation-du-sol-qui-restaurent-et-fertilisent-les-sols-degrades/

 

Credit: Simon Scott Photography