Kenya: L’utilisation de la chaux améliore les récoltes de maïs (IPS, Kenya Business Daily)

| septembre 26, 2011

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Alors que les agriculteurs du nord du Kenya ont faim, certains agriculteurs de la partie ouest du pays sont encore capables de nourrir leurs familles avec la récolte abondante de l’année dernière. Isaac Ochieng Okwanyi est agriculteur à Nyangera, un village du district de Siaya, dans la province de l’Ouest. Ses rendements de maïs ont beaucoup augmenté depuis 2008. Il explique: « J’ai essayé de chauler ma terre pendant deux saisons, et les résultats sont étonnants. » La chaux est un additif pour le sol, fait à partir de calcaire pulvérisé ou de craie. Il est disponible à faible coût au Kenya.

David Mbakaya est pédologue à l’Institut de Recherche Agricole du Kenya (KARI). Il dit: « En faisant des essais sur le terrain, nous avons découvert qu’en moyenne … les sols [de la région] peuvent difficilement supporter la culture du maïs. » Les sols sont devenus acides suite à la plantation de maïs, et parce qu’on ne pratiquait ni rotation de cultures ni  jachère. L’usage intensif d’engrais azotés, couplé avec des précipitations abondantes, est un autre facteur. Les rendements de maïs dans l’ouest du Kenya sont estimés à moins d’une tonne par hectare. Pourtant, les régions voisines récoltent de cinq à six tonnes par hectare.

Dans le cadre d’un essai du KARI, conduit en 2009, M. Okwanyi a ajouté 10 sacs de chaux agricole à son sol. Des pédologues l’avaient informé que la chaux réduirait l’acidité du sol et aiderait à augmenter son rendement. Il commente: « La communauté toute entière, moi y compris, était très sceptique car nous ne croyons pas que ce qui ressemblait à du ciment [calcaire] pouvait changer quelque chose. »

M. Okwanyi a répandu de la chaux sur sa parcelle et l’a ensuite mélangée au sol. Puis il a planté son maïs et a attendu les résultats. En période de récolte, Mr.Okwanyi et les autres villageois ont changé d’avis. Il dit: « D’après ce que j’ai observé, je peux attester que je n’ai jamais vu une moisson aussi importante, dans cette communauté. »

Sur un hectare de terrain, il a récolté 32 sacs de maïs. Cela est beaucoup plus que les quatre sacs qu’il avait récoltés la saison précédente. Il rapporte: « Le maïs était resplendissant et un plant de maïs pouvait avoir deux épis ou même plus. »

Le coût de la chaux (270 shillings, soit près de trois dollars américains par sac) a été couvert par le KARI. Mais bien que M. Okwanyi ait payé lui-même pour la chaux, les profits qu’il fait sont un bon retour sur son investissement. Il a vendu un peu de maïs à des agriculteurs qui au départ avaient de mauvaises récoltes et qui avaient tout de même refusé d’appliquer de la chaux sur leurs terres. Son succès a depuis convaincu d’autres agriculteurs d’essayer la chaux.

M. Okwanyi a ouvert une banque de céréales dans le marché local, avec cinq autres agriculteurs qui ont eu de bonnes récoltes. Les agriculteurs retirent de petites portions de leurs grains stockés pour un usage domestique. M. Okwanyi explique: « Nous avons créé cette banque pour des raisons de sécurité. Avec la faim qui sévit à l’heure actuelle, il y a le danger que les gens pénètrent dans nos maisons dans le but de voler du maïs. »

Actuellement, il lui reste deux sacs pour son usage personnel, et sa prochaine récolte sera dans quelques semaines. Montrant sa nouvelle maison, il dit: « La preuve de la récolte de l’an dernier est évidente. Depuis, je suis passé d’une maison au toit de chaume à une belle maison semi-permanente. »