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Kenya : Les séchoirs solaires accroissent les revenus et réduisent les pertes après récolte

Il est environ huit heures du matin à Keroka, un village lointain, au sud-ouest du comté de Nyamira, au Kenya. Aujourd’hui, Yunuke Nyakerario est très enthousiaste et déborde étrangement d’énergie. Elle fredonne son cantique préféré tout en arrachant une fibre de bananier pour attacher solidement un sac rempli de légumes.

Cette dame de 40 ans a cueilli légumes dans son champ d’une demi-acre, et il est maintenant temps de les transporter. Elle soulève le sac de 40 kilogrammes de légumes et le dépose sur sa tête. Son fredonnement résonne davantage et le chant devient plus mélodieux tandis qu’elle marche le long du chemin du village, dans de hautes herbes trempées par la rosée.

Elle se hâte vers la maison de Mary Moraa, une autre maraîchère, qui se trouve à environ un demi-kilomètre, où plusieurs maraîchers et maraîchères sont déjà rassemblés avec leurs récoltes. Madame Nyakerario se joint à eux pour conserver ses légumes à l’aide d’un séchoir solaire. Ces jardiniers et ces jardinières utilisent un séchoir solaire pour faire sécher leurs légumes.

Les légumes sont des denrées très périssables, et ils peuvent se gâter si on ne les transporte pas rapidement au marché pour les vendre. Madame Nyakerario déclare : « Autrefois, nous subissions d’énormes pertes après les récoltes, mais désormais [nous] avons trouvé une solution en conservant les légumes à l’aide d’un séchoir solaire. »

Les légumes séchés lui rapportent également un revenu plus substantiel. Elle explique : « Après avoir fait sécher mes légumes, je les stocke et j’attends une meilleure saison où les denrées se raréfient, comme en périodes sèches. C’est le meilleur moment pour moi de vendre mes produits agricoles. »

Le séchoir permet de conserver les fruits, les semences et les tubercules, ainsi que les légumes. Dans le village de Keroka, plus de 100 femmes se partagent un séchoir solaire. Les femmes emballent leurs produits dans des sachets de différents poids avant de les vendre au marché.

Le séchoir est une boîte en bois, installée sur le sol. Il est muni d’un plateau de séchage et d’un couvercle en verre transparent qui permet aux rayons du soleil d’atteindre les légumes. On peut également faire sécher treize à seize kilogrammes de légumes en trois heures dans le séchoir.

Samson Maobe enseigne à l’Université de Kisii, au Kenya. Il explique : « Le séchoir solaire ne fait qu’éliminer l’eau des légumes et laisse la matière verte sécher tout en préservant les nutriments. » Monsieur Maobe affirme qu’un avantage du séchoir est que le parfum et les éléments nutritifs sont préservés. Il déclare : « Il y a une grande différence entre les légumes séchés au soleil et ceux séchés dans le séchoir solaire. La différence se trouve au niveau du parfum et du niveau de nutriments. »

Il ajoute que, lorsqu’on trempe les légumes séchés dans l’eau, ils reprennent leur couleur et leur apparence originales comme s’ils venaient d’être fraîchement récoltés.

Madame Nyakerario et les autres maraîchères ont formé une association surnommée Groupement féminin Mapena. Elles ont reçu leur séchoir de la part du gouvernement qui a distribué 40 séchoirs solaires à travers Nyamira et d’autres comtés, avec l’appui d’ONG.

Kenaly Orenge est le coordonnateur du comté de Nyamira. Il soutient que le projet encourage l’ajout de valeur dans le domaine de l’agriculture et qu’il s’agit d’une des principales stratégies visant à réduire la pauvreté dans les régions rurales kényanes. Selon lui, les perspectives sont bonnes pour les agriculteurs et les agriculteurs, et ils ont l’intention d’accroître le nombre de bénéficiaires.

Les femmes du groupement Mapena emballent et vendent les produits séchés à l’échelle locale, mais elles souhaitent commencer à vendre sur les marchés internationaux. Elles cultivent et font sécher des légumes ordinaires comme le caya blanc (connue localement sous le nom de sagaa), le niébé (kunde), l’amarante (emboga), la morelle noire (managu) et d’autres légumes traditionnels.

Autrefois, les ventes de légumes de Mme Nyakerario s’effectuaient en fonction de la demande et de l’offre. Elle déclare : « Au début, nous vendions un sac de caya blanc pour la modique somme de 500 shillings kényans (4,75 $US) lorsque le marché était mauvais, et jusqu’à 5 000 shillings kényans (47 $US) durant les périodes où l’offre était faible. »

Mais, maintenant, elle maîtrise mieux le marché, car elle peut conserver ses légumes.

Quand il y a une sécheresse, le kilogramme de légumes séchés peut rapporter entre 300 et 500 shillings kényans (2,85 $ à 4,75 $US). Cela signifie qu’après avoir fait sécher et vendu 60 kilogrammes de légumes frais, elle peut gagner environ 8 000 shillings (77 $US), ce qui représente presque le double du montant qu’elle gagne avec les légumes frais après la récolte.