Julius Lekupe dit que les femmes sont traitées comme des biens dans sa communauté. M. Lekupe vit dans le nord du Kenya. Il dit: « Nous circoncisons [nos filles] et nous les marions -certaines à l’âge de 10 ans seulement. » Mais il refuse de prendre part à cette tradition. Comme M. Lekupe, de plus en plus d’hommes aident à réduire les taux de mutilation génitale féminine en Afrique.
La mutilation génitale féminine est parfois appelée circoncision féminine ou excision. On la désigne souvent sous l’abréviation MGF. Cela fait référence à un certain nombre de pratiques qui impliquent l’ablation chirurgicale de tout ou partie des organes génitaux externes d’une fille. Dans certaines cultures, cela peut être considéré comme un rite de passage ou un pré-requis pour le mariage. Selon les agences de l’ONU, cela n’a aucun bénéfice sur le plan de la santé, cause de sévères douleurs et a un bon nombre de conséquences immédiates et à long terme sur la santé.
Une étude récente de l’ONU note que trois millions de filles sont à risque de subir une MGF chaque année. Cependant, cette pratique traditionnelle nocive est en déclin. Ce déclin a été particulièrement marqué au Kenya. Il est maintenant trois fois plus probable que les femmes kenyanes aient subi une incision comparativement aux filles kenyanes.
La fille aînée de M. Lekupe est parmi les chanceuses qui ont été épargnées. M. Lekupe dit: « Elle m’a supplié de la soutenir et de la protéger. Ça a été une décision difficile. » Pour protéger sa fille de 16 ans, il l’a envoyée vivre à Nairobi, la capitale, avec un ami.
M. Lekupe est parmi le nombre grandissant d’hommes membres de groupes ethniques pratiquant les MGF mais qui ont commencé à élever leurs voix contre cette pratique. D’après une étude menée par le Fonds de l’ONU pour la population, les hommes sont de plus en plus actifs an matière de changement culturel condamnant les MGF. L’organisation note que plus de deux douzaines de leaders musulmans masculins ont fait des déclarations publiques contre les MGF, en 2011.
Dans la communauté de Kapenguria, dans la Vallée du Rift, au Kenya, le conseil local d’anciens s’est joint au groupe grandissant d’hommes qui s’expriment ouvertement contre les MGF. Les anciens ont fait, en 2011, une déclaration publique disant qu’ils abandonnaient cette pratique.
Philipo Lotimari est un leader communautaire de Kapenguria. Il dit que cette déclaration a fait changé les attitudes, dans la ville. Il dit que cela a lancé « le message collectif qu’il n’y a aucun problème à épouser une fille qui n’est pas excisée. » Aucune de ses sœurs n’a subi de MGF.
La récente étude de l’ONU montre que la MGF est maintenant moins prévalente dans toute l’Afrique. Au cours des cinq dernières années, près de 10 000 communautés de 15 pays ont renoncé à cette pratique.
Anthony Lake est le directeur exécutif de l’UNICEF. Il dit que ces progrès montrent qu’il est possible de mettre fin aux MGF. M. Lake ajoute: « Nous pouvons et devons y mettre fin pour aider des millions de filles et de femmes a mener des vies plus saines. »