Kenya : L’aménagement des bassins en terrasses : un moyen d’augmenter les revenus et de purifier l’eau potable (Trust)

| mai 2, 2016

Téléchargez cette nouvelle

Par un matin ensoleillé, Samuel Kinuthia et ses deux employés préparent une nouvelle lisière de terre pour ensemencer son champ de trois hectares, dans le comté de Murang’a, à 85 kilomètres en périphérie de Nairobi.

Le champ est entouré de collines qui ont été dépouillées de leurs arbres, et le vent et l’eau érodent facilement sa terre rouge. Cependant, M. Kinuthia emploie la technique d’aménagement des bassins en terrasses pour ralentir l’érosion du sol et créer de bonnes terres agricoles.

Tout d’abord, les agriculteurs bêchent un lopin vallonné de part en part afin d’aménager une terrasse plate. Puis, ils creusent des trous carrés pour faire des bassins dans la terrasse. C’est là que M. Kinuthia cultivera ses légumes.

Il déclare : « Avant, je cultivais du maïs et du haricot, mais j’avais du mal à récolter des quantités suffisantes … Grâce à l’aménagement des bassins en terrasses, je peux cultiver des produits frais comme la tomate, le chou frisé et les oignons. Mes récoltes tout comme le revenu qu’elles me rapportent ont augmenté, car il existe un marché facile. »

L’aménagement des bassins en terrasses a permis à M. Kinuthia d’accroître ses revenus, mais il s’agit d’une technique qui aide également aux Kenyans résidant aussi loin que Nairobi d’avoir une eau potable pure.

Fred Kihara est responsable du fonds pour les ressources en eau chez The Nature Conservancy, une organisation internationale à vocation environnementale qui lutte pour la protection des terres et de la diversité biologique. M. Kihara explique que la technique d’aménagement des bassins en terrasses permet de réduire la superficie de terre lessivée ou emportée dans les rivières. Il ajoute : « Elle contribue également à augmenter la quantité d’eau retenue dans le sol. »

Le bassin du Haut Tana fournit de l’eau à neuf millions de Kenyans environ, mais c’est un bassin hydrographique qui est sous pression. Plusieurs agriculteurs affirment que le rendement de leur terre diminue, et ce, même s’ils utilisent plus d’engrais qu’il y a cinq ans. Ils ont également remarqué une baisse des pluies durant ces dernières années.

L’activité agricole sur les terres accidentées augmente la quantité de terre rejetée dans les rivières qui alimentent le plus grand réservoir du pays, à savoir le barrage de Ndakaini, au centre du Kenya. Le trop-plein des ruissellements d’eau peut contenir du fumier et de l’engrais utilisés dans les champs, ce qui polluera l’eau potable dont dépendent plusieurs.

The Nature Conservancy, la Nairobi City Water and Sewage Company et le gouvernement kenyan ont créé le Fonds de l’eau de Nairobi pour promouvoir la technique d’aménagement des bassins en terrasses et d’autres moyens de réduction de l’érosion.

Eddy Njoroge préside le Fonds de l’eau de Nairobi. Il déclare : « La sécurité de l’eau pourrait devenir un grand enjeu, car le changement climatique provoque une diminution des ressources en eau en saison sèche et de grands déluges en saison pluvieuse. »

Cela fait tout juste plus d’un an que M. Kinuthia aménage des bassins en terrasses, et il encourage les autres à le faire. Il est reconnaissant du fait que cela l’aide à cultiver et vendre des légumes, et représente une nouvelle source de revenus pour sa famille.

Avant, il cultivait du maïs et du haricot, mais il n’en avait pas assez pour la vente. Il raconte : « Le peu que je récoltais était finalement consommé par la famille. »

Le rendement amélioré des bassins aménagés en terrasses et les produits frais qu’il cultive signifient que M. Kinuthia peut nourrir sa famille et gagner un revenu. Lorsque la journée est bonne, il peut récolter huit kilogrammes de chou frisé. Un tas de cinq kilogrammes peut lui rapporter 10 $US, et sa famille peut consommer le reste.

Pour lire l’intégralité de l’article duquel provient cette histoire intitulée « Une technologie agricole aide à purifier l’eau potable de Nairobi », cliquez sur : http://www.reuters.com/article/environment-water-kenya-idUSL5N17G3P2

Crédit photo: TRF/David Njagi