À la périphérie de la ville de Kericho, dans la vallée du Rift, au Kenya, la Kaptepeswet Tea Farm démontre que l’agriculture biologique n’est pas simplement bonne pour l’environnement, mais qu’elle peut produire également du thé de haute qualité.
Pendant des années, cette exploitation agricole a utilisé des engrais synthétiques appelés NPK qui contiennent trois principaux éléments nutritifs : l’azote pour favoriser la pousse des feuilles, le phosphore pour des racines robustes et des fleurs ou des fruits sains, et le potassium pour favoriser la santé générale des plantes et la résistance aux maladies. Ces engrais sont couramment utilisés sur des cultures comme le thé, afin de remplacer les éléments nutritifs qui sont perdus pendant la récolte.
Selon Gilbert Korir, le gérant de l’exploitation, l’idée de ce changement est née de la demande croissante pour le thé biologique dans le monde. Il explique : « Nous voulions produire du thé biologique respectant les normes de qualité que de quantité. »
Le Kenya est le troisième producteur mondial de thé, qui est une culture de rente capitale pour beaucoup d’agriculteurs et d’agricultrices. Cependant, les engrais synthétiques, bien qu’efficaces à court terme, peuvent nuire à la santé du sol au fil du temps et contribuer aux émissions de gaz à effet de serre.
Les engrais biologiques, en revanche, libèrent les éléments nutritifs plus lentement, améliorant ainsi le sol et favorisant une productivité à long terme. Monsieur Korir déclare : « Leurs résultats sont plus lents à constater, mais ils enrichissent le sol plus longtemps. »
Le Dr George Oduor, un expert en santé des sols basé au Kenya, ajoute que les intrants biologiques contribuent à nourrir les microorganismes du sol. Ces organismes rendent les éléments nutritifs disponibles pour les plantes et améliorent la structure des sols. Il déclare : « Les engrais synthétiques nourrissent les plantes, mais les engrais biologiques nourrissent le sol. »
Le lombricompostage est une méthode de production courante de l’engrais biologique. Il s’agit d’un processus où les vers de terre se nourrissent de déchets végétaux, de fumier animal et de reste d’aliments. Les vers produisent des déjections riches en éléments nutritifs, qui sont ensuite transformés en engrais liquides et en conditionneurs de sol.
Moses Oburu est le directeur général de Vermipro Limited, une société d’engrais biologique ougandaise. Il déclare : « Les éléments nutritifs se trouvent déjà dans le sol, mais ne sont pas toujours accessibles aux plantes. Nos produits permettent de libérer ces éléments nutritifs, afin que les plantes puissent les utiliser. »
Sa société produit également d’autres intrants biologiques, comme le bokashi produit par une fermentation de la matière organique, et le biocharbon qui améliore la fertilité du sol et préserve les éléments nutritifs.
La demande pour les engrais biologiques croît rapidement en Afrique de l’Est. Monsieur Oburu déclare : « L’an dernier, nous avons reçu des commandes de 15 000 agriculteurs de l’Ouganda, et nous recevons plus de demandes du Kenya également, et ce, pour des cultures, comme le riz, le maïs, les légumineuses et même l’herbe à éléphant. »
À Kericho, la Kaptepeswet Tea Farm participe à une étude d’évaluation de l’impact des engrais biologiques sur les buissons de thé matures. Ce projet, réalisé par la Kenya Agriculture and Livestock Research Organisation et Ernestea Limited, vise à fournir plus de données sur l’impact des intrants biologiques sur les rendements de thé.
Monsieur Korir se dit optimiste. « Il faut du temps et de l’assistance pour la transition, mais nous croyons que l’agriculture biologique est la voie à suivre, pour des sols, des cultures et une planète en bonne santé. »
La présente nouvelle est inspirée d’un article écrit par Isaiah Esipisu pour Interpress News Service, sous le titre « Organic Fertilizers Prove Effective on Tea as Farmers Abandon Synthetic Inputs ». Pour lire l’intégralité de l’article, cliquez sur : https://www.ipsnews.net/2025/03/organic-fertilizers-prove-effective-on-tea-as-farmers-abandon-synthetic-inputs/ [1].
Photo : Gilbert Korir, le gestionnaire de la ferme Kaptepeswet, montre des feuilles en bonne santé provenant de théiers cultivés avec des intrants agricoles biologiques. Crédit : Isaiah Esipisu/IPS