Guinée: Un groupe de jeunes construit une clinique, une mosquée, un marché et une école (par Ibrahima Sory Cissé, pour Agro Radio Hebdo en Guinée-Conakry)

| juillet 23, 2012

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N’Faly Kaba est le président d’un groupe de jeunes appelé Koninko. Ce nom vient de la rivière qui entoure Morigbèya, un village de 670 habitants situé à 600 kilomètres à l’est de Conakry, la capitale de la Guinée. M. Kaba et les 47 autres membres de Koninko ont pris en main le destin du village. Le groupe a utilisé ses profits agricoles pour financer des services de base pour le village, y compris un marché. M. Kaba parle de ce qui a motivé le groupe: « Nous trouvions qu’il fallait améliorer certaines choses: il n’y avait pas d’école, pas de clinique ou de mosquée, et pas d’endroit pour distraire les jeunes. Nous nous inquiétions de la condition de la terre de nos ancêtres. »

Comme l’explique M. Kaba, le groupe a été formé afin d’utiliser les aptitudes agricoles de ses membres pour développer le village. La première étape a été de rassembler les jeunes autour du projet. Ensuite, les jeunes ont commencé à chercher un terrain. Sidi Kaba, le représentant des propriétaires fonciers traditionnels de Morigbèya, a mis à la disposition du groupe 25 hectares de terres. Les jeunes ont conçu un plan de culture tenant compte de leurs responsabilités familiales. Ousmane Kaba est le président de Koninko. Il explique que les jeunes agriculteurs consacrent leur dimanche au travail champêtre, pour leur groupe. Ils divisent le reste de leur semaine agricole entre le travail sur leur ferme familiale et le travail sur leur ferme individuelle. Quand il y a un surplus de travail à faire sur la ferme du groupe, ils passent moins de temps sur leurs terres privées.

Le groupe a changé Morigbèya. Ansoumane Condé est le trésorier de Koninko et il est très fier de ce que le groupe a accompli. Il dit: « Notre organisation a révolutionné la vie au village. Tout ce que vous voyez qui a été fait dans le village n’est pas le fruit du travail d’une personne mais d’un effort collectif. »

La majeure partie des récoltes du groupe est vendue. Un sac de riz se vend 200 000 francs guinéens (environ 28 dollars américains), et un sac d’arachides se vend 250 000 franc guinéens (environ 35 dollars américains). Mais cet argent n’est pas un profit que les membres peuvent utiliser à leur guise. Tout membre accepte d’investir de l’argent dans des projets communautaires. Par exemple, avec l’argent des récoltes, le groupe paie le salaire et la nourriture du travailleur de santé communautaire. Koninko soutient aussi un des deux professeurs qui ne sont pas employés par l’État.

Les résidents du village sont reconnaissants envers le groupe. Le trésorier et résident Ansoumane Condé dit: « Les sols sont riches et ne nécessitent pas d’engrais chimiques pour donner de bonnes récoltes. Grâce à la terre, nos enfants ne connaîtront pas le même destin que nous. »