L’igname est l’une des cultures racines les plus importantes au monde, notamment en Afrique de l’Ouest, où le Ghana et le Nigeria produisent plus de 80 % de l’offre mondiale. Cependant, les méthodes traditionnelles de culture d’igname favorisent la déforestation.
Les tiges de l’igname ont besoin d’un support pour se développer, et les producteurs et les productrices coupent souvent les arbres pour faire des « tuteurs d’igname », qui sont de longues perches en bois placées à côté de chaque plant. Ces tuteurs ne durent généralement que deux saisons, ce qui pousse à une coupe constante de jeunes arbres. Au Ghana, cette pratique entraîne la dégradation des forêts.
Eric Owusu Danquah est chercheur scientifique au Conseil de la recherche scientifique et industrielle du Ghana. Il explique : « L’igname est une plante grimpante. Il doit grimper pour exposer ses feuilles à la lumière du soleil. » Il a passé 15 ans à chercher d’autres solutions, en vue de limiter la dépendance des producteurs et des productrices aux tuteurs d’ignames.
L’utilisation d’arbustes du pois d’Angole comme « tuteurs vivants pour les ignames » constitue une solution prometteuse. Ces plantes broussailleuses soutiennent les tiges d’igname tout en enrichissant le sol par la fixation de l’azote. Monsieur Danquah déclare : « La plante continue de séquestrer le carbone, et ses boutures fournissent du paillis riche en éléments nutritifs. » Le pois d’Angole produit également des céréales comestibles, fournissant ainsi aux agriculteurs et aux agricultrices une autre source de revenus.
Malgré ces avantages, l’adoption est lente. Monsieur Danquah explique : « Il nous faut du financement pour pouvoir former les producteurs et avoir accès aux communautés productrices d’ignames. » Il ajoute : « Si nous voulons que les producteurs adoptent de bonnes pratiques appropriées pour le changement climatique et une production agricole résiliente, il faut les récompenser. »
En Jamaïque, des préoccupations similaires s’intensifient. Là-bas, les agriculteurs et les agricultrices utilisent aussi de jeunes arbres des forêts pour fabriquer des tuteurs d’igname. Donna Lowe, directrice des services des sciences forestières et techniques au ministère des Forêts de la Jamaïque, prévient : « Au fil du temps vous détériorez la forêt, ce qui conduira tôt ou tard à la déforestation. »
Pour résoudre cela, des organisations locales encouragent l’utilisation de Simarouba glauca. Arlette Dunkley-Fullerton dirige le South East Cockpit Country Local Forest Management Committee. Selon elle, cet arbre pousse vite et favorise la biodiversité. « En utilisant des tuteurs vivants pour les ignames, les agriculteurs peuvent réduire la pression sur la forêt naturelle. »
Elle ajoute : « Les gens aiment faire les choses selon la tradition. Lorsqu’ils voient quelque chose fonctionner effectivement, c’est à ce moment qu’ils gravitent autour de ça. »
La présente nouvelle est inspirée d’un article écrit par Mark Hillsdon pour Mongabay. Pour lire l’intégralité de l’article, cliquez ici : https://news.mongabay.com/2025/04/farmers-turn-to-living-yam-sticks-to-grow-their-crop-and-spare-the-forest/ [1].