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Éthiopie: Sélection et stockage de semences – une question de survie (USC Canada, Dave Kattenburg)

Les communautés d’Ejere et de Gonde, au centre de l’Éthiopie, font le stockage de leurs meilleures semences dans leurs propres banques. Ces communautés prennent des mesures pour être indépendantes des entreprises de semences, et pour avoir le plein contrôle de semences qu’ils ont mis des générations à développer.

Beaucoup de variétés originales de blé et d’orge consommées dans le monde étaient cultivées en Éthiopie, en grande partie par les agricultrices. Au cours des dernières décennies, les agriculteurs éthiopiens ont commencé à substituer leurs propres variétés par des variétés modernes qui produisent plus. Mais avec le changement climatique et les nouvelles maladies fongiques telles que l’UG99, les agriculteurs d’Éthiopie recherchent non seulement des semences mais aussi de la diversité et une adaptabilité génétique dans les semences qu’ils plantent. Ces caractéristiques se retrouvent en abondance dans les variétés traditionnelles de semences. L’ Ethio-Organic Seed Action, une ONG basée à Addis-Abeba et parrainée par USC Canada, aide les agriculteurs.

La banque de semences d’Ejere est située dans un bâtiment solide, construit en métal et en ciment. À l’intérieur, les semences de dizaines de variétés de légumineuses, de légumes secs et de céréales sont stockées dans des bouteilles en polypropylène noir, hermétiquement fermées. La banque de semences fonctionne comme n’importe quelle autre banque. Les agriculteurs font pousser des cultures qui donnent des semences. Certaines de ces semences sont stockées dans la banque. Les agriculteurs qui sont membres de la banque peuvent choisir de retirer les semences. Mais à la récolte suivante, ils doivent re-déposer plus de semences qu’ils n’en ont retiré. Les semences les plus précieuses qui sont mises en réserve sont celles qui sont résistantes aux maladies ou à la sécheresse.

Birtukan Kabede est la secrétaire de la banque de semences d’Ejere. Elle dit: « Notre banque de semences est très bonne. Elle aide les agriculteurs pauvres. J’en suis très heureuse. »

Mais les agriculteurs éthiopiens ne font pas que déposer leurs semences dans une banque. Ils étendent la variété des semences qu’ils utilisent. Ils comparent aussi des variétés de semences paysannes traditionnelles avec des semences dites « modernes » ou « améliorées ». À une demi-heure de route d’Ejere, dans des champs donnant sur l’aride vallée du Rift de l’Éthiopie, plusieurs centaines d’hommes et de femmes sont en train de cultiver des variétés traditionnelles de blé à côté de variétés « améliorées » donnant un rendement plus élevé. Les semences modernes proviennent de sélectionneurs éthiopiens. Ganene Gezu travaille avec Ethio-Organic Seed Action. Il explique que les agriculteurs choisissent des variétés ayant une multitude de caractéristiques utiles pour les agriculteurs. Aujourd’hui, ils recherchent les semences résistant à la sécheresse, telles que celles des plantes à grandes ou larges surfaces foliaires, avec des feuilles de couleur vert foncé.

Dans une grange pas trop éloignée se trouve le bureau de recherche. Les murs de l’abri sont couverts de cartes, de diagrammes en bâtons, de photos et de tableaux. Un jeune homme nommé Sisay Mercha écrit à son bureau. Il explique comment les essais des agriculteurs fonctionnent. M. Mercha explique qu’ils prennent un échantillon de 5 ou 10 agriculteurs. Ils leur donnent des semences à planter dans leur région, afin qu’ils fassent des études comparatives dans leurs champs. Ensuite, ils collectent les données et rapportent leurs observations.

De retour à Ejere, la sélection participative de variétés destinées aux essais attire des visiteurs de l’industrie éthiopienne des semences. Certaines variétés traditionnelles locales résistent à la maladie du blé Ug99. Le potentiel de ces semences est énorme. Si l’UG99 continue de se propager, les scientifiques se tourneront davantage vers les collectivités comme Ejere. Les agriculteurs savent préserver les trésors génétiques dans leurs banques de semences et dans leurs champs.

Vous pouvez suivre des entrevues plus détaillées au sujet de ces banques de semences, en consultant les liens suivants (en anglais seulement):

http://www.greenplanetmonitor.net/news/2010/07/melaku-worede/ [1]

http://www.greenplanetmonitor.net/news/2010/03/ethiopian-seed-diversity/ [2]
http://www.cbc.ca/dispatches/2010season/2010/03/18/march-1821-2010/# [3]