Congo-Brazzaville : Les femmes de Pointe-Noire cultivent leur propre maïs derrière la case (par Blanche Simona Ngokoumounga pour Agro Radio Hebdo au Congo-Brazzaville)

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Blanche Rosalie est une femme à tout faire. Elle est institutrice le matin mais elle se transforme en cultivatrice l’après-midi. Elle remue et bêche le sol sur une petite parcelle de terre, et sème du maïs, récoltant assez pour remplir un sac de 60kg de maïs.

Mme Rosalie est une parmi plusieurs femmes dans la ville de Pointe-Noire qui entretiennent des micros-jardins de maïs derrière leurs maisons à cause du prix élevés de cette denrée alimentaire.

Avant de commencer à cultiver son propre maïs, Mme Rosalie faisait le petit commerce de maïs. Elle avait besoin de l’argent que lui procurait ce petit commerce afin de subvenir à certains besoins de sa famille, tel qu’acheter du savon ou s’assurer que ses enfants mangent régulièrement le petit déjeuner. Mais ce commerce ne lui rapportait pas beaucoup.

Mme Rosalie achetait auprès des paysans un sac de maïs de 60 kilogrammes de maïs à 10 000 FCFA (soit 21 dollars américains). Ensuite, elle  cuisait et revendait son maïs. Au bout du compte, les profits de Mme Rosalie s’avèrent dérisoires,  un piètre 2000 FCFA (soit 4,20 dollars américains) de bénéfice pour chaque sac de maïs qu’elle achetait, cuisait et revendait.

Mais tout cela  à changer lorsqu’elle découvre que le sol qui se trouve sous ses pieds est fertile. Mme Rosalie décide alors de cultiver son propre maïs qu’elle pourrait ensuite cuire et vendre.

Encouragée par les résultats initiaux, Mme Rosalie a  semé cette année sur une plus grande superficie. Elle a fait une belle récolte. Elle réalise maintenant plus de gains avec son jardin de maïs que lorsqu’elle avait son petit commerce. Ses dépenses ne sont pas élevées. Un petit flacon de semences lui coûte 400 FCFA (84 cents américains) le flacon de 200ml. Pour cuire le maïs, elle achète le bois de chauffe à 300FCFA (63 cents américains).

Elle confie : «Hier j’en ai vendu pour 5000 FCFA (soit 10,50 dollars américains), je gagnerai autant avec les épis qui sont au feu. Les voisins en achètent également  dans mon jardin. » Elle dit réalisé 20 000FCFA de bénéfice (soit 42 dollars américains) à la fin de la récolte.

Pierrette Ngatala est infirmière et elle aime consommer le maïs de  Mme Rosalie. Elle explique : « C’est un maïs  frais et sucré, et pas cher. Dans le jardin de Rosalie, j’achète 4 épis à 100 FCFA (soit21 cents américains) alors qu’au marché, c’est le double. Par ailleurs le maïs qui vient des villages est souvent dur et a perdu sa fraicheur ».

Mme Ngatala envisage cultiver à son tour son maïs  la saison prochaine. Elle poursuit : « Jusque-là je n’ai semé dans mon jardin que l’oseille, l’arachide et le manioc. Je compte ajouter le maïs, qui est un bon complément souvent consommé avec  les feuilles de manioc et l’arachide ».

La direction départementale de l’agriculture de Pointe-Noire entend regrouper celles qui consentiront à se mettre en coopérative. Aurélie Niambi est chef de service production agricole et protection des végétaux. Elle dit :« Nous pourrons […] leur donner des semences gratuites, mais tant qu’elles seront éparpillées et s’arrêteront aux micro-jardins, il est difficile de les aider ».

Mme Rosalie voit désormais grand. L’institutrice-cultivatrice envisage louer une parcelle de terrain pour cultiver un grand jardin de maïs pour gagner encore plus d’argent.