Burundi : Des producteurs de café se reconvertissent dans la culture des champignons (par Désiré Nshimirimana pour Agro Radio Hebdo au Burundi)

| mars 26, 2012

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Thomas Miburo est un producteur vivant à Kabarore, dans le nord du Burundi. Jadis producteur de café, il trouve désormais son bonheur dans la culture de champignons comestibles. Depuis ce changement, sa vie s’est améliorée. Grâce à l’argent que lui procure la vente des champignons, M. Miburo parvient à subvenir à ses besoins. Il raconte : « Je ne manque jamais de savon. [Je peux acheter] du poisson ou de la viande quand je veux en manger avec de la pâte de manioc. »

M. Miburo n’est pas le seul à trouver son bonheur avec les champignons. Juvénal Nyandwi est aussi producteur de champignons. Il affirme s’être procuré trois chèvres et un vélo en 8 mois, grâce à cette culture. Les producteurs ont découvert la culture des champignons en novembre 2010. Elle a été introduite par l’ONG locale ADISCO (Appui au Développement Intégral et à la Solidarité sur les Collines).

Libère Bukobero est le coordinateur de l’ADISCO. Il explique la réussite fulgurante des producteurs : « Le champignon ne nécessite pas de vastes étendues. Son cycle cultural est court et ceux qui le cultivent sont habituellement assurés d’avoir un bon rendement. » Il dit qu’un kilo de semences de champignons peut produire 12 kilos en l’espace de deux mois. La première récolte se fait après trois semaines. Sur le marché local, un kilo se vend entre 1,50 et 2,50 dollars américains.

Dans cette région frontalière avec le Rwanda, le café était la principale culture commerciale. Mais ces caféiers datent du temps de la colonisation. Ils ne sont guère productifs à cause de la vieillesse. Par ailleurs, la production de champignons est facile et n’exige pas de grands espaces. Il a fallu convaincre les producteurs, qui étaient méfiants envers les champignons. Par le passé, certaines personnes avaient été intoxiquées par des champignons vénéneux. Il y avait aussi des croyances locales à surmonter. Dans la langue locale, les populations surnomment le champignon « Nsubiza aho unkuye », c’est-à-dire « remets-moi où tu m’as pris ».

Sébastien Nzeyimana est un des paysans formés. Avec d’autres agriculteurs, il a formé un groupe de producteurs de champignons. Il dit : « Mis à part les champs de l’association, les membres recevaient chacun 6 mottes de germoir à développer chez eux. » Progressivement, des associations de producteurs sont nées. Elles propagent des informations sur les semences, la technique de culture et l’organisation. Les producteurs ne regrettent pas leur implication dans la culture des champignons.

Les champignons sont des aliments sains ayant une très grande valeur nutritive. Les nutritionnistes disent que les champignons sont des aliments complets car ils contiennent des sels minéraux, des protéines ainsi que des vitamines A , B et D. Ils se vendent bien à Bujumbura, la capitale.

M. Miburo conclut : « C’est… une culture de substitution dans cette région où l’exiguïté des terres décourage toute activité agricole. Nous les cultivons à l’intérieur des maisons ou sur des bandes de terre à l’extérieur. »