Afrique : La division des terres agricoles menace la sécurité alimentaire (IPS)

| octobre 27, 2014

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Lorsque Kiprui Kibet imagine son avenir en tant qu’agriculteur, tout ce qu’il voit, c’est l’étendue de son lopin de terre qui rétrécit sans cesse.

M. Kibet cultive une terre fertile du comté d’Uasin Gishu dans la région de la vallée du Rift, au Kenya. Il raconte : « Avant, je cultivais sur terre de 40 hectares, mais maintenant, je n’ai que 0,8 hectare. Mon père a eu 10 fils et nous voulions tous avoir une part de cette terre agricole. » La famille récoltait 3 200 sacs par an sur les 40 hectares, mais M. Kibet produit seulement 20 sacs, voire parfois moins.

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) affirme que la majorité des agricultrices et des agriculteurs africains cultivent actuellement leurs produits agricoles sur moins d’un hectare de terre. Au Kenya, en Ouganda et en Zambie, le nombre de personnes possédant un hectare de terre a diminué de 13 à 17 pour cent durant la dernière décennie. Les experts soutiennent que la subdivision des terres menace de plus en plus la sécurité alimentaire.

La FAO soutient que les agricultrices et les agriculteurs d’exploitations familiales représentent au moins 75 pour cent de la production agricole en Afrique. Cependant, selon un rapport publié par l’USAID en 2012, 25 pour cent des jeunes adultes ayant grandi en milieu rural n’ont hérité d’aucune terre, car il n’y avait pas de terre à hériter.

Titus Rotich, agent de vulgarisation agricole de la région de la vallée du Rift au Kenya, raconte : « La superficie des terres agricoles diminue tellement qu’avec le temps l’agriculture ne sera plus économiquement viable … la terre est utilisée seulement pour construire une maison, cultiver quelques légumes à l’arrière-cour et élever quelques poules. »

Les ventes de terrains à grande échelle peuvent également aggraver le problème. Allan Moshi est un spécialiste de la politique foncière en Afrique subsaharienne. Il affirme que les investisseurs se ruent vers l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe pour acheter de grandes étendues de terrain. Il prévient : « L’acquisition massive des terres réduit non seulement le nombre de terrains disponibles pour les populations locales, mais ce qui est mis à la disposition de ces populations doit quand même être subdivisé [en raison de] l’héritage foncier. »

Isaac Maiyo travaille pour Schemers, un organisme communautaire agricole du Kenya. Il déclare : « Les agricultrices et les agriculteurs d’exploitations familiales produisent toujours plus que les grandes exploitations. Souvent, les grandes exploitations restent inexploitées. Les investisseurs les accumulent à des fins de spéculation, mais les denrées ne sont que rarement cultivées sur ces terres. »

Certains pays africains ont adopté des lois pour éviter une trop grande fragmentation des terres. La Loi sur les terres de l’Afrique du Sud empêche la « subdivision des terres agricoles dans la mesure où les nouvelles portions créées sont si petites que l’agriculture ne pourra plus être économiquement viable. » Au Kenya, laLoi sur l’agriculture stipule qu’une terre agricole ne doit pas être subdivisée en dessous de 0,8 hectare. Toutefois, plusieurs agricultrices et agriculteurs ignorent l’existence de cette loi.

M. Kibet déclare : « Notre subdivision n’est pas basée sur ce que la loi stipule, mais plutôt sur le nombre des ayants droit qui désirent avoir une portion de terre disponible, surtout lorsqu’il est question d’héritage foncier. »

Pour lire l’intégralité de l’article duquel provient cette histoire intitulée « Afrique : La subdivision des terres menace la sécurité alimentaire », cliquez sur :http://www.ips.org/fr/afrique-la-division-des-terres-agricoles-menace-la-securite-alimentaire/