2. Zambie: Les braconniers se tournent vers l’agriculture (par Nawa Mutumweno, pour Agro Radio Hebdo en Zambie, avec des informations complémentaires du Worldwatch Institute)

| juillet 26, 2010

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Thompson Tembo a purgé trois peines de prison pour braconnage d’éléphants, dans la vallée de Luangwa, la province orientale de la Zambie. Mais il a déposé son arme à feu qu’il estimait tant autrefois. Aujourd’hui, M. Thompson gagne plus d’argent avec ses 43 ruches et ses cultures de rente qu’il n’en a jamais fait avec le braconnage.

Il n’y a pas longtemps, on pouvait entendre des tirs de fusils sur des animaux sauvages dans la vallée de Luangwa, presque tous les jours. Tout aussi mortels mais silencieux étaient les milliers de pièges tendus aux mêmes fins. Derrière chaque arme et chaque piège tendu était une famille qui luttait pour survivre.

Dépourvus d’alternatives, les braconniers continueraient leurs activités. Une initiative ambitieuse, les Marchés communautaires pour la conservation (COMACO), les aide à trouver d’autres moyens de gagner leur vie. Les COMACO visent à réduire la pauvreté tout en sauvegardant la faune.

L’organisation demande aux agriculteurs d’abandonner le braconnage et d’adopter des méthodes agricoles qui améliorent leurs sols. En retour, les agriculteurs bénéficient de prix supérieurs, grâce à un marché assuré. Ils ont également appris de nouvelles techniques agricoles. De nouvelles activités génératrices de revenus comprennent l’élevage de petits animaux, l’apiculture, le jardinage et la menuiserie. Plus de 650 braconniers, comme M. Thompson, se sont joints aux COMACO. Cela a permis de retirer plus de 1800 armes à feu de la circulation.

Les COMACO exploitent six centres de traitement régionaux. Ces centres traitent ou stockent des produits en provenance de 57 entrepôts commerciaux communautaires. Des responsables de la vulgarisation sont basés dans ces entrepôts. Ils coordonnent le travail de plus de 650 agriculteurs-leaders qui contribuent à la formation de groupements de producteurs et à la distribution des intrants. Ce réseau relie plus de 35 000 petits ménages agricoles vivant dans des zones reculées, près de la faune.

Les COMACO offrent des prix plus élevés pour les agriculteurs qui pratiquent l’agriculture biologique et qui utilisent des techniques de conservation agricole. Dale Lewis est le directeur général des COMACO. En ciblant les agriculteurs, durs à atteindre, qui vivent près des zones protégées, M. Lewis a dit: « Nous essayons de faire évoluer les choses. Là où les agriculteurs Il dit que quand les agriculteurs (…) se conforment aux normes des COMACO, ils voient des avantages. » Cela inclut des améliorations du point de vue de la sécurité alimentaire et de la santé.

Jairos Phiri n’avait pas de succès en tant qu’agriculteur. Alors, il piégeait des animaux. M. Phiri était le fier propriétaire de 111 pièges. Il compensait pour ses rendements de culture non-substantiels en tuant quelques animaux. Cependant, après des années passées à échanger de la viande pour du maïs, il a abandonné ses pièges. Aujourd’hui, il vend ses excédents de maïs aux COMACO. Il peut maintenant envoyer ses enfants à l’école.

En 2009, les COMACO ont acheté plus de 2300 tonnes de produits agricoles d’agriculteurs comme M. Phiri. Ils leur ont versé plus de 5 milliards de kwacha (environ 100 000 dollars américains). La sécurité alimentaire s’est améliorée et les revenus des ménages ont plus que doublé. Les populations d’espèces sauvages se sont stabilisées et de nombreuses espèces montrent des signes que leur population augmente.

Dans de nombreux supermarchés de Zambie, on trouve des produits alimentaires avec le nom de marque « It’s Wild » qu’utilisent les COMACO. Les produits tels que le beurre d’arachide, le riz, le miel et l’arachide sont cultivés par des paysans liés aux COMACO. Beaucoup de produits sont biologiques.
L’année prochaine, les COMACO planifient exporter leurs produits au Botswana. L’organisation essaie de faire autant de distribution de produits que possible afin que l’argent reste chez les agriculteurs.