2. Tanzanie: L’aviculture m’a revitalisé (par Lazarus Laiser pour Agro Radio Hebdo en Tanzanie

| décembre 13, 2010

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M. William Moikan Loibanguti porte les vêtements colorés rouges des Massaï. C’est un pasteur Massaï qui vit à Loosikito, près d’Arusha, en Tanzanie. En 2000, son entreprise de bovins ressentait déjà les effets du changement climatique. Avec l’assèchement des pâturages et le nombre limité de terres disponibles pour l’agriculture, M. William a décidé d’essayer de trouver un emploi rémunéré. Il a donc migré vers Nairobi. Il a laissé sa femme et ses enfants dans leur maison en terre d’une grandeur de trois mètres carrés.

Il a travaillé à Nairobi pendant trois ans. Il a également passé du temps à Dar Es Salaam. Au cours de ses six années d’absence, sa vie a complètement changé. M. William a été infecté par le VIH. Il pensait qu’il allait mourir. Il a décidé de retourner chez lui.

Après une année à la maison, il a été béni par la naissance d’un petit garçon. Sa femme Judica William s’est fait tester. Elle et son bébé étaient séronégatifs.

Deux ans plus tard, Mme William a conçu de nouveau. Cette fois, elle a donné naissance à une petite fille. Encore une fois, elle et le bébé ont été dépistés pour le VIH. Mais elles n’étaient pas infectées. C’est autour de cette période que M. William a commencé à s’affaiblir. Il a découvert qu’il était atteint de la tuberculose. Il se souvient: « Cela n’a pas été facile. Je me sentais coupable et j’avais des douleurs à cause de la tuberculose. Les gens se moquaient de moi, et ma femme pleurait beaucoup. »

L’hôpital gouvernemental l’a traité gratuitement. Il a récupéré au bout de six mois. Les employés de l’hôpital lui ont conseillé de se joindre à un groupe de soutien pour personnes séropositives. Les membres du groupe reçoivent une aide du gouvernement et de l’éducation de divers organismes.

Dans le groupe, il a appris qu’il ne fallait pas attendre de mourir. Il a appris que s’il se maintenait en bonne santé, il pourrait vivre pendant une longue période. Il dit: « Je me suis alors dit … je serais voué à mourir, même si je n’étais pas infecté. Je dois donc m’assumer et faire quelque chose pour ma famille avant de mourir. »

M. William a commencé à travailler dur. Il a trouvé un emploi comme gardien dans un magasin. Après six mois, il a construit un poulailler. Trois mois plus tard, il a acheté 10 poulets.

Ils lui donnaient 10 oeufs par jour. M. William vendait les œufs. Avec le revenu, il était en mesure de nourrir sa famille. Il a décidé de quitter son emploi parce qu’il perdait du poids. On lui a dit que sa perte de poids était due au manque de sommeil et au froid nocturne.

Son entreprise de volaille marchant bien, M. William a bientôt été en mesure d’acheter un âne. L’âne transportait des marchandises et lui permettait d’aller chercher de l’eau pour sa famille. Il a également acheté deux chèvres. Celles-ci fournissaient du lait pour la famille. Ensuite, il a commencé à faire pousser de l’amarante. Cette plante est en demande et lui a apporté beaucoup d’argent. L’amarante a également amélioré son régime alimentaire car elle contient du fer et du calcium. Avec l’argent qu’il gagné, il a acheté des canapés pour sa famille.

M. William, sa femme et leurs quatre enfants dorment désormais dans une maison de bonne qualité, plus moderne que les normes Massaï. La maison est faite de poteaux de bois, et est couverte de tôles de fer. En pensant à la façon dont sa vie a changé au cours des dernières années, M. William dit: « Je suis allé à l’église et j’ai dit au revoir à mon pasteur. Je savais que j’allais bientôt mourir. Mais depuis que je me suis mis à l’aviculture, je suis encore vivant et je ne vais pas mourir bientôt. »

M. William est maintenant professeur et coordinateur dans le cadre d’un programme de sensibilisation au VIH et au sida, dans le village de Loosikito. Il organise des séminaires chaque semaine et des visites à des personnes affectées par le VIH et le sida.

M. William planifie construire un autre poulailler et augmenter le nombre de poulets qu’il possède. Sa femme se dit heureuse grâce au projet de son mari. Elle dit: « Il a apporté de l’espoir à la famille et non la mort. » Ils sont heureux de pouvoir payer les frais scolaires de leurs enfants sans aucun problème. Mme William dit en souriant: « La famille est protégée et restaurée. »