2) Rwanda : On préfère encore les races locales d’animaux de bétail (Syfia Grands Lacs)

| février 2, 2009

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C’est mardi, jour du marché aux bestiaux à Ryarubondo, dans le sud du Rwanda. Vers le milieu de la journée, le bruit a atteint son maximum. Les vaches meuglent et les marchands crient pour négocier les prix. Damien Kaneza a apporté une vache au marché; elle est maigre, avec des os proéminents. M. Kaneza espère la vendre 170000 francs rwandais (environ 300 dollars américains ou 230 euros), pour payer les frais scolaires de l’école secondaire de son fils. Il dit qu’aussi longtemps qu’il aura deux vaches indigènes, il ne manquera de rien.

En 2006, le gouvernement rwandais a lancé un programme ‘‘une vache pour chaque famille’’ pour introduire des races de bétail importées. Avec le support d’une ONG, 700 familles du district de Nyamagabe, dans le sud du Rwanda, ont reçu une vache. Le premier veau de chaque vache a été donné à une autre famille.

Mais malgré tous les encouragements du gouvernement par rapport à l’utilisation des races importées, de nombreux agriculteurs préfèrent les vaches locales. J.B. Nyamwasa est agriculteur dans le district de Gisagara, dans le sud du Rwanda. Il explique qu’un agriculteur peut acheter trois vaches indigènes pour le prix d’une vache importée. Il préfère donc avoir trois vaches locales; ainsi, s’il a besoin d’en vendre une pour payer des frais scolaires, il lui restera quand même quelques biens.

Les vaches importées, ou frisonnes, produisent plus de lait que les races locales (jusqu’à 30 litres). Mais leur entretien revient aussi plus cher. Une vache frisonne mange 20 kilogrammes de riz, fourrage et mélange de sorgho, maïs, eau et sang, chaque jour. Les frais pour un menu quotidien s’élèvent à 5000 francs rwandais (environ 9 dollars américains ou 7 euros). Si un agriculteur ne peut pas suivre ces lignes directrices, la vache produira moins de lait.

John Népomscène dit que sa famille n’obtient que quatre litres de lait de ses deux frisonnes, chaque jour, comparés à sept litres par jour que produit, en moyenne, une vache indigène. Le seul avantage est le supplément de fumier, qui est utilisé comme fertilisant pour produire plus de fourrage.