2. Namibie: le peuple Bochiman retourne sur ses terres ancestrales (Agence France Presse)

| décembre 22, 2008

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Une vieille femme regarde tout autour de ses nouvelles terres agricoles. Son visage ridé s’anime d’un sourire timide alors qu’elle tape des mains. Elle dit que ses ancêtres sont heureux maintenant qu’elle est plus proche de chez elle, plus proche de sa terre natale.

La nouvelle ferme de Khamuxas Hira est à quelques 60 kilomètres de son lieu de naissance, dans le nord-ouest de la Namibie, où elle avait passé une enfance libre et heureuse jusqu’à l’âge de 14 ans. À cette époque-là, explique-t-elle, «les Sud-Africains ont mis en place une clôture de contrôle des animaux à proximité et nous ont dit de sortir.»

Dans les années 70, le régime de l’apartheid a commencé à forcer le peuple San, ou Bochiman, hors de ses terres ancestrales, dans le parc national d’Ethosha. On a octroyé des terres ancestrales à certains groupes ethniques faisant partie du peuple San, à l’intérieur du parc. La tribu de Mme Khamuxas, les Haikom, a été exclue de ce régime.

En 2007, le groupe ethnique Haikom a remporté une décision légale lui permettant de retourner sur ses terres traditionnelles. Le gouvernement Namibien a acheté des terres dans le sud du parc Ethosa. Soixante-dix-huit familles du peuple Haikom, incluant celle de Mme Khamuxas, ont reçu un lopin de terre.

Alors que Mme Khamuxas se réjouit de ce retour, il reste à savoir comment elle et les gens de son peuple pourront désormais gagner leur vie. À l’instar de nombreux Haikom, Mme Khamuxas a passé la majeure partie de sa vie active à se déplacer de ferme en ferme, travaillant pour gagner des petits salaires. Depuis 1990, date à laquelle la Namibie a obtenu son indépendance, les gens sont autorisés à circuler librement et certains Haikom ont travaillé dans le parc Etosha comme «traqueurs» ou garde-chasses.

Libertine Amathila est la Vice-Première Ministre de la Namibie. Elle affirme que certaines des terres données au peuple Haikom seront utilisées pour l’agriculture. Le gouvernement laissera les animaux sauvages se déplacer dans d’autres régions, créant un potentiel pour des activités touristiques.

Le peuple Haikom vivait dans la région depuis des millénaires avant son déplacement forcé, causé par l’apartheid. Traditionnellement, le people Haikom chasse des animaux sauvages et cueille des plantes pour l’alimentation et l’usage médicinal. Le lieu de naissance de Mme Khamuxas se trouve à l’abreuvoir d’Ombika, à l’intérieur du parc. C’est maintenant une destination populaire pour les touristes. Dans son nouveau chez elle, Mme Khamuxas aimerait enseigner à ses petits-enfants les utilisations traditionnelles des arbres et des plantes.
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