2. Madagascar: Les agriculteurs sont exposés à un risque d’invasion par les criquets (FAO, IRIN, VOA)

| août 23, 2010

Téléchargez cette nouvelle

Madagascar risque de se faire envahir par les criquets, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Le gouvernement estime que cela pourrait affecter 460 000 familles rurales.

Au début août, une équipe de la FAO s’est rendue à Madagascar pour évaluer la situation. Tout comme les autorités nationales, elle a confirmé que la situation est grave. La FAO explique que les criquets migrateurs malgaches demeurent généralement dans la partie sud-ouest du pays. Toutefois, un nombre indéterminé d’essaims immatures se sont formés et ont commencé à se déplacer vers l’est et le nord, dans la région de Maintirano, sur la côte ouest centrale.

Annie Monard est experte en matière de criquets auprès de la FAO. Elle explique qu’il y avait déjà des essaims dans le sud-ouest du pays à la fin de la saison des pluies précédente, et «… qu’en raison du fait qu’un certain nombre d’entre eux se sont échappés de cette région – pour nous, c’est une bonne indication que les criquets deviennent des ravageurs très dangereux. »

Madagascar est actuellement dans sa saison sèche et fraîche. Une période défavorable à la reproduction des criquets. Mais à la mi-octobre, la saison des pluies débutera. Les criquets se reproduisent rapidement dans les conditions humides et chaudes de la saison des pluies. Ils peuvent donner naissance à une nouvelle génération à peu près tous les deux mois, et jusqu’à quatre générations par an.

Il y a beaucoup de types distincts de criquets. Mme Monard dit que le criquet migrateur malgache peut être particulièrement affamé et destructeur. Les criquets forment ce qu’on appelle des bandes larvaires de jeunes, des sauterelles sans ailes. Lorsque ces bandes commencent à essaimer, « elles sont capables de manger de tout. Et bien sûr, les cultures de riz en particulier et toutes sortes de céréales. »

Alexandre Huynh est coordinateur des opérations d’urgence et de réhabilitation de la FAO, à Madagascar. Il dit: « Quand il y a invasion de criquets, les paysans malgaches ne sèment même plus, car ils savent que leurs récoltes vont être détruites. »

La FAO estime qu’environ 15 millions de dollars américains sont nécessaires pour monter une campagne de contrôle majeur. Ils se préparent à lancer la campagne. Cette campagne couvrira un demi-million d’hectares par voies terrestre et aérienne. La FAO compte empêcher les criquets d’« atteindre des proportions de fléau. »

Mme Monard dit: « [les criquets] devraient être contrôlés dès que (…) les premiers groupes sont repérés. » Elle dit que les pesticides qui seront pulvérisés sont « moins nocifs pour l’environnement qu’ils ne l’étaient par le passé. »

M. Huynh est d’accord pour dire qu’il n’y a pas de temps à perdre: « Nous devons commencer les opérations à la mi-septembre. Si l’intervention est retardée, la production alimentaire sera directement affectée et la campagne anti-acridienne sera beaucoup plus coûteuse et étalée sur plusieurs années. »