2. Italie: les dirigeants du monde se tournent vers les petits agriculteurs, mais sont-ils à l’écoute de ses derniers? (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, TV Forum social mondial)

| juin 9, 2008

Téléchargez cette nouvelle

Loin des exploitations agricoles à petite échelle, où une grande partie de la nourriture mondiale est cultivée, les dirigeants de 181 pays se sont réunis pour chercher des solutions à la crise alimentaire actuelle. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a organisé un sommet sur l’alimentation à Rome, en Italie, au cours de la première semaine de juin.

La réunion a braqué l’attention du monde sur les petits exploitants agricoles et les gens qui travaillent sur leurs exploitations. La réunion s’est clôturée avec une déclaration sur l’importance de soutenir les petits agriculteurs afin d’augmenter la production alimentaire à l’échelle mondiale. Mais il y a eu peu d’indications démontrant que le sommet ou sa déclaration ont tenu compte des commentaires des organisations paysannes qui se sont rendues à Rome pour témoigner de la perspective des agriculteurs.

Les pays participants ont promis des milliards de dollars afin d’appuyer la déclaration de la Conférence et de soutenir les petits agriculteurs en leur facilitant l’accès aux semences, aux engrais et aux marchés de produits frais. Des groupes d’agriculteurs présents à la conférence partagent cet objectif – celui de soutenir les petits agriculteurs dans leur production et leur accès aux marchés. Cependant, il y avait une grande différence d’opinion sur le type de soutien dont les petits agriculteurs ont besoin.

M. Philip Kiriro est le président de la Fédération des agriculteurs d’Afrique de l’Est -Kenya. Il dit que les gouvernements africains doivent investir dans la petite agriculture – et qu’ils doivent être en mesure de fournir à ces agriculteurs des subventions et une protection contre la volatilité des marchés.

Ndiogou Fall est le président du comité exécutif pour le Réseau des organisations paysannes d’Afrique de l’Ouest. M. Fall est d’avis qu’il faut mettre un frein aux politiques de libre-échange afin d’accroître la production agricole des exploitations à petite échelle en veillant à ce que les agriculteurs tirent profit de leur travail. Fall dit que, depuis 40 ans, les gouvernements africains se font dire que la libéralisation du commerce est nécessaire, mais qu’il est maintenant temps de trouver une autre façon de faire.

Cependant, la Déclaration du sommet soutient une poursuite sur la voie vers l’ouverture des marchés mondiaux et la libéralisation du commerce mondial. En effet, la Déclaration stipule que la réduction des obstacles au commerce donnera aux agriculteurs, en particulier dans les pays en développement, de nouvelles possibilités de vendre leurs produits et de soutenir leur effort pour accroître la production.

Jacques Diouf est le directeur général de la FAO. S’adressant à des journalistes à l’issue du sommet alimentaire, il a soutenu que la pénurie de denrées alimentaires a causé la hausse rapide des prix des denrées alimentaires, et que l’augmentation de la production sera la solution. M. Diouf a également fait valoir que la pénurie alimentaire est la motivation derrière les subventions alimentaires. Il a suggéré que, lorsque suffisamment de nourriture sera disponible, les gouvernements n’auront pas besoin de subventionner les agriculteurs.

Certains délégués se réjouissent de la déclaration de soutien des politiques de marché libre. Un groupe très vocal, qui représente la plupart des pays d’Amérique Latine, s’est plaint que beaucoup de produits alimentaires subventionnés par les États-Unis et l’Europe empêchent leurs petits agriculteurs d’avoir accès à leurs propres marchés locaux. Une vraie libéralisation des marchés mettrait un terme à ces subventions. M. Diouf a répondu aux questions sur les subventions agricoles des pays riches en disant qu’il appartenait à l’Organisation mondiale du commerce de résoudre ces différends.