2. Afrique de l’est : les droits de douane sur le riz importé encouragent la production locale (écrit par Joshua Kyalimpa, pour Agro Radio Hebdo, à Kampala, en Ouganda)

| septembre 22, 2008

Téléchargez cette nouvelle

Sur son acre de terre, l’agriculteur ougandais Geoffrey Bisubirwa peut cultiver assez de riz chaque saison pour gagner au moins 150 000 shillings, soit l’équivalent de 100 dollars américains ou 60 euros. C’est un bon investissement, considérant qu’un agriculteur qui fait pousser du maïs, une des cultures les plus prisées en Ouganda, gagnerait moins de 75 000 shillings ougandais – environ 50 dollars américains ou 30 euros.

Jusqu’à il y a quelques années, Geoffrey Bisubirwa n’était pas en mesure de vendre son riz parce que le marché local était saturé de riz meilleur marché en provenance d’autres pays comme l’Inde, le Vietnam et le Pakistan. Les gouvernements dans ses pays asiatiques subventionnent les producteurs de riz. Toutefois, la production de riz en Ouganda est à la baisse depuis les années 1990 parce que le gouvernement, à l’instar de nombreux autres pays africains, avait fortement réduit ou éliminé les droits de douane sur les importations de riz, dans le cadre d’un effort mondial vers la libéralisation des marchés.

Toutefois, en 2004, la communauté d’Afrique de l’Est, un groupement de cinq pays (l’Ouganda, le Kenya, la Tanzanie, le Rwanda et le Burundi), avait décidé de réintroduire les droits de douane sur le riz importé. Maintenant, les droits à l’importation ont ramené le sourire sur le visage des agriculteurs ougandais, en leur donnant une raison de faire pousser à nouveau du riz.

En effet, les agriculteurs ougandais font pousser beaucoup plus de riz. Le Ministère ougandais du Commerce projette que la production de riz devrait atteindre les 180 000 tonnes métriques cette année, contre 135 000 en 2006 et 102 000 en 2005.
Okasai Opolot est le commissaire pour la production agricole et la commercialisation. Il s’attend à ce qu’il n’y ait bientôt plus d’importation de riz. L’Ouganda espère devenir le panier alimentaire de la région, ciblant des marchés comme le Sud-Soudan et l’est de la République Démocratique du Congo.

M. Okasi Opolot reconnaît que ces mesures vont à l’encontre des politiques établies par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Mais il n’hésite pas à ajouter que ces mêmes organisations n’ont pas réussi à freiner les subventions qu’offrent d’autres pays à leurs agriculteurs.

Néanmoins, le gouvernement ougandais est prêt à faire face aux pressions qu’exerceront sûrement l’Organisation mondiale du commerce et la Banque mondiale pour que l’Ouganda rouvre son marché à l’importation de riz. Le gouvernement ougandais investit présentement dans la recherche de nouvelles variétés de riz qui pourraient faire concurrence au riz importé sur la base de leur qualité.

Le Dr. Ram Chaudhary est le chef du projet pour le Nouveau riz pour l’Afrique, connu sous le nom de NERICA. Il dit que son organisation a produit une nouvelle variété de riz appelé NERICA 10, qui fera fortement concurrence au riz importé. Selon le Dr. Chaudhary, le nouveau riz a réintroduit un arôme et un goût que les ougandais aiment, qui ne se retrouve pas dans les variétés de riz importé. Il dit que le NERICA 10 devrait être en mesure de faire concurrence au riz importé, même si les droits de douane sur les importations sont suspendus à l’avenir.
Cliquez ici pour voir les notes aux radiodiffuseurs sur la production de riz local