1. République Démocratique du Congo: Les mines antipersonnelles menacent le retour des agriculteurs (par Sylvie Bora, pour Agro Radio Hebdo, à Bukavu, en République Démocratique du Congo)

| mars 10, 2008

Téléchargez cette nouvelle

Echa Byaombe a passé près d’une décennie de sa vie dans un camp de réfugiés en Tanzanie. La guerre civile dans son pays natal, la République Démocratique du Congo, a forcé Mme Byaombe à abandonner sa terre et sa maison. Même si elle a vécu des périodes difficiles en tant que réfugiée, elle a toujours gardé le rêve de retourner à son exploitation agricole – pour une fois de plus profiter des beaux matins dans les champs parfumés.

En octobre 2007, le rêve de Mme Byaombe était sur le point de devenir réalité. Alors que la province du Sud-Kivu regagnait la paix après le conflit, elle est retournée dans son pays natal, dans le cadre d’un effort de rapatriement soutenu par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Après des années de jachère, la ferme de Mme Byaombe était dans un état bien différent. Mais, travaillant très dur, elle a été en mesure de contrôler les mauvaises herbes et rétablir les cultures de maïs et de manioc.

Malheureusement, Mme Byaombe ne savait pas que la plus grande menace pour son succès étaient les mines antipersonnelles qui se trouvaient sur son terrain. Un jour, alors qu’elle s’occupait de ses cultures, sa jambe gauche a heurté quelque chose de dur. Tout ce dont elle se souvient ensuite, c’est qu’elle s’est réveillée dans un lit d’hôpital. Elle avait été frappée par une mine antipersonnelle et avait perdu la moitié de sa jambe gauche.

Elisée Masakala est l’épouse du directeur médical de l’hôpital du territoire de Fizi. Dans les mois qui ont suivi le retour des réfugiés sur leurs terres, elle a vu beaucoup de personnes comme Mme Byaombe qui ont perdu des membres à cause des explosions dans leurs champs.

DanChurchAid est une ONG danoise qui travaille à atténuer l’impact des mines antipersonnelles en République Démocratique du Congo. L’organisation signale que plus de 160 personnes dans la province du Sud-Kivu ont été blessées par des mines antipersonnelles.

DanChurchAid fait partie d’un petit nombre d’organisations ayant la capacité de supprimer en toute sécurité les mines antipersonnelles. Parce que le déminage prend beaucoup de temps, l’organisation se concentre sur les écoles, les dispensaires et les routes. Les fermes ne sont pas considérés comment des hautes priorités.

Toutefois, DanChurchAid s’efforce d’éduquer les agriculteurs et leurs enfants sur les risques des mines antipersonnelles. L’ONG recommande aux agriculteurs de s’informer pour savoir si leur communauté rurale a été affectée par les mines antipersonnelles avant de retourner dans leurs champs. On conseille également aux agriculteurs de ne pas toucher des objets métalliques trouvés dans leurs champs et de quitter leur terrain immédiatement s’ils soupçonnent qu’il peut y avoir une mine dans une partie de leur champ. Les agriculteurs doivent signaler de mines antipersonnelles, de sorte qu’un maximum de personnes dans leur voisinnage soient également conscientes du risque.

Les agriculteurs qui trouvent ou pensent avoir trouvé des mines dans leurs champs doivent souvent chercher un autre emploi jusqu’à ce que leur terre soit à nouveau sans danger. C’est le cas de Mme Byaombe. N’étant plus en mesure de subvenir aux besoins alimentaires de sa famille, Mme Byaombe a trouvé un nouveau rêve. Elle espère obtenir un prêt pour démarrer une petite entreprise.