1. Ouganda – L’utilisation de tiges de manioc est une solution simple pour contrôler les maladies de la banane (par Sawa Pius, Agro Radio Hebdo, à Kampala, en Ouganda)

| septembre 21, 2009

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Aujourd’hui, Marie Kibutayi a 4 hectares de bananiers sains. Mais ses bananiers n’ont pas toujours été sains. Le flétrissement bactérien de la banane et la maladie du « Bunchy Top » se sont propagées rapidement à travers l’Ouganda. Le district de Mbale, dans l’est de l’Ouganda, où vit Mme Kibutayi, n’est pas une exception.

Auparavant, les agriculteurs ne savaient pas comment ces maladies se propageaient. Ils pensaient que la propagation était due à des actes de sorcellerie. Mais, en fait, les agriculteurs répandaient eux-mêmes ces maladies sans le savoir, en utilisant les mêmes outils pour couper et les bananiers malades et les bananiers sains. Maintenant qu’ils ont compris la cause de la maladie et qu’ils connaissent un moyen simple d’y mettre fin, les agriculteurs de Mbale profitent de nouveau de leur culture de base.

Afin de stopper la maladie de la banane, il est important d’enlever le bourgeon mâle de la plante. En effet, le bourgeon mâle attire les abeilles et les mouches, et ces insectes propagent les maladies. La méthode la plus sécuritaire, la moins chère et la plus efficace de soigner les bananiers malades ne requiert aucune technologie moderne. Tout ce dont un agriculteur a besoin est une tige de manioc sec en forme de fourche. Toutes les familles en Ouganda font pousser du manioc, donc l’obtention de tiges n’est pas un problème.

Dans un premier temps, Mme Kibutayi explique qu’elle sait compter les grappes de bananes quand elles sont jeunes. Elle enlève les bourgeons mâles immédiatement après que le dernier est formé. Le bourgeon mâle est saisi avec une tige de manioc en forme de fourche, puis il est tordu jusqu’à la rupture.

La sève est un autre transmetteur de la maladie de la banane. Un manioc sec qui n’est pas entré en contact avec la sève de la plante peut être utilisé pour enlever le bourgeon mâle. Ainsi, il ne peut pas propager la maladie et une seule tige peut être utilisée dans tout le jardin. Cette méthode a donné d’excellents résultats dans le district de Mbale.

En plus d’utiliser une tige de manioc sec, les agriculteurs apprennent d’autres méthodes pour stopper la maladie de la banane. Ils détruisent les plantes malades par hachage et séchage au soleil de la tige mère ainsi que des ventouses. De nouveaux bananiers sont plantés avec des ventouses et des outils propres. Tous les outils utilisés pour couper les bananiers malades doivent être stérilisés. Cela peut être fait à l’aide d’eau de Javel, ou en désinfectant les outils avec une flamme.

Avec l’aide de la Fondation Grameen, plus de 40 travailleurs communautaires ont été formés pour enseigner aux agriculteurs comment utiliser des tiges de manioc pour contrôler la maladie de la banane. En trois mois, des milliers d’agriculteurs dans l’est de l’Uganda ont été visités.

Geoffrey Wasikye fait aussi pousser des bananes dans le district de Mbale. Il a récemment perdu deux hectares de bananes pour cause de maladie, mais il tente de réhabiliter son champ rapidement. Depuis le début de cette année, il utilise les tiges de manioc sec pour retirer les bourgeons mâles.

L’Ouganda est le premier consommateur de bananes en Afrique, et le flétrissement bactérien de la banane est la maladie la plus dévastatrice du pays. Dr Jerome Kubiriba, du National Agricultural Organization, dit que le pays perd près de 200 millions de dollars américains (environ 135 millions d’euros) en bananes chaque année, en raison du flétrissement bactérien de la banane. Mais avec une formation de base et des outils adéquats, les agriculteurs de Mbale ont appris à lutter contre la maladie.