1. Ouganda: les agricultrices font rouler l’économie grâce aux graines de tournesol (par Sawa Pius, Agro Radio Hebdo, à Kampala, en Ouganda)

| novembre 24, 2008

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Un groupe d’agricultrices de l’est de l’Ouganda fait des profits de l’ordre de 441 millions de shillings ougandais par an (environ 220000 dollars américains ou 170000 euros), en répondant à la demande locale pour l’huile de graines de tournesol organique.

La Kumi Women’s Initiative a été lancée en 1993 avec un groupe de 25 femmes qui faisaient pousser du tournesol comme source alternative de revenus. Aujourd’hui, le groupe compte 1000 agricultrices – et le nombre continue de croître au fur et à mesure que la demande pour l’huile de cuisine organique augmente.

Anna Grace Akong est l’une de ces agricultrices de tournesol pionnières, dans la région de Bukedea, qui faisait autrefois partie du district de Kumi (est de l’Ouganda). Elle dit que lorsque le groupe a commencé à faire pousser du tournesol, la demande pour les graines de tournesol était inexistante. Les femmes ne pouvaient faire que très peu de profits avec ce produit. Cette situation les a incitées à commencer à ajouter de la valeur au tournesol.

Le groupe a acheté des presses manuelles pour extraire l’huile des graines de tournesol. Lorsque le prix du pétrole a augmenté, les presses manuelles n’ont pas suffi à accroître les rendements en conséquence. C’est à ce moment-là que l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture a acheté une machine à moteur pour le groupe. Avec cette machine, les femmes produisent maintenant 800 litres d’huile de graines de tournesol par jour. L’huile de cuisson est emballée dans des contenants de plastique de 1 à 5 litres et elle est vendue localement et à Kampala.

Mme Akong explique qu’après avoir extrait l’huile de cuisson des graines de tournesol, il reste un sous-produit appelé « seed cake ». La moitié du « seed cake » est donnée aux membres du groupe, qui l’utilisent pour l’alimentation des poulets. L’autre moitié est vendue à d’autres agriculteurs. Et le cycle de réutilisation ne s’arrête pas là. Les femmes utilisent l’engrais naturel issu de leur élevage de volaille pour faire pousser leurs arbres d’agrumes.

Les graines de tournesol sont bien adaptées aux conditions locales. Elles peuvent être cultivées quatre fois en un an, sur le même lopin de terre. La culture n’est affectée ni par les fortes pluies ni par les sécheresses prolongées, et elle ne nécessite que deux jours pour le séchage après la récolte.

La Kumi Women’s Initiative vend 250 tonnes d’huile de graines de tournesol à Kampala par an. À lui seul, l’Hôtel Serena achète 300 litres d’huile de graines de tournesol au groupe, chaque semaine. Mais Mme Akong dit que le groupe a aussi de plus gros plans. Les femmes sont en train de créer une stratégie de marketking, dans l’espoir de vendre l’huile de graines de tournesol à d’autres pays d’Afrique de l’Est.
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