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1. Mali et Niger: Faire face à la sécheresse (IRIN, AFP)

Des centaines de résidents de Toya, dans le nord-ouest du Mali, attendent patiemment en file indienne. Ils tiennent de petits contenants. Aujourd’hui, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) distribue de la viande. Le CICR a acheté de la viande des éleveurs dont les animaux mouraient par manque de nourriture et d’eau.

Mohamed Ali, représentant local du CICR, explique: « Le CICR achète les animaux les plus faibles, les tue et distribue la viande aux nécessiteux. » L’organisation paie plus que les prix du marché actuel. Mohamed Ali poursuit: « L’opération du CICR est originale et bonne pour le peuple, en particulier les éleveurs. »

La sécheresse a durement frappé la région de Tombouctou. On retrouve des animaux morts partout sur les routes . Les étangs qui contiennent normalement de l’eau à cette période de l’année sont vides.

« Nous nous sentons impuissants », explique Atum, un éleveur de bétail en provenance de Gourma, dans le nord du Mali. « Vous voyez une vache qui a soif. Elle meurt, mais vous vous souciez plus de sauver le reste de votre troupeau. »

Les faibles pluies de 2009 ont contribué à cette situation. En outre, le nombre d’animaux mourants est élevé cette année, selon le Ministère de l’agriculture du Mali.

Au Niger, le CICR estime que la sécheresse menace 70 pour cent des troupeaux. Haido Abdul Malik, du Ministère de l’agriculture et de l’élevage du Niger, a parcouru le pays pour constater la situation lui-même. Il est alarmé. Il n’y a presque pas de pâturages, les aliments pour nourrir les animaux sont coûteux, et les animaux sont malades.

« Nous avons vu la valeur du bétail estimée à 150 000 CFA (300 dollars américains) vendue aux bouchers pour 3000 CFA (6 dollars américains). Ce n’est même pas assez pour acheter un sac d’aliments pour animaux », a déclaré Malik.

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, les éleveurs ont fait de leur mieux pour faire face aux difficultés. Nombre d’entre eux se sont déplacés avec leurs animaux quand ils en étaient encore capables. Certains ont vendus leurs animaux lorsque le prix du marché était encore bon et ont acheté du fourrage pour les animaux au bon moment. Jan Eijenaar travaille avec l’Office de l’aide humanitaire de la Commission Européenne. Il dit que des politiques gouvernementales encourageantes sont nécessaires. Il explique qu’on pourrait en faire davantage, par exemple en ce concerne le stockage du fourrage.

La reconstitution des troupeaux prendra du temps au Mali et au Niger. Mais, au moins, les animaux qui avaient une chance de survivre reçoivent désormais des soins vétérinaires et des aliments pour animaux.