Une station radio solaire émet au cœur de la forêt à l’initiative de l’association ‘Hope International for Tikar People’

05 Janvier 2019
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Cent ans après l’invention de la Radio, cette technologie reste l’outil incontournable dans l’éducation des peuples, surtout les plus démunis. C’est ce que démontre Radio Taboo, une jeune station radio alimentée par l’énergie solaire dans le village Nditam dans la Plaine Tikar, dont l’arrondissement est Ngambé Tikar, département du Mbam et Kim, région du Centre Cameroun. Les méthodes de responsables de cette radio sont simples, la diffusion des programmes est faite par et pour les communautés rurales et favorise l’émancipation et l’interaction entre les peuples de son rayon d’action qui est de 40 km.

Mr. Issa Nyaphaga, le promoteur de Radio Taboo affirme que; “la radio communautaire Taboo poursuit un but vocation éducative et responsabilisation des populations. C’est pourquoi, Radio Taboo émet en dix langues.” Le Français, l’Anglais, le Tikar, le Balom, le Djanti, le Bavek, le Bamoun, l’Haoussa, le Fulani et le Mvouté sont les langues de diffusion de la station.

L’association HITIP Cameroun (Hope International for Tikar People) avant la création de cette radio a déjà accompli plusieurs autres projets, l’eau potable, la santé publique, l’énergie solaire et le championnat de football inter village etc…

Le promoteur confie; “cela a été un long chemin de six ans, jonché de défis de tous genres pour enfin inaugurer la toute première radio de cette localité le 8 février 2017.” Toutes les populations, les chefs traditionnels, les conseillers municipaux et les officiels accompagnés du sous-préfet d’arrondissement avaient pris part à cette célébration. Radio Taboo est faite sur un modèle de projet pilote. “Nous avons tenu à faire cette radio là parce que nous avons des problèmes d’enclavement, les épidémies et les cultivateurs manquent d’opportunités pour commercialiser leurs produits pour assurer le “mieux-vivre”, affirme Monsieur Nyaphaga. Et le promoteur continue; “il a fallu développer l’énergie solaire pour alimenter la station qui n’émet que six heures par jour pour l’instant. À la radio, nous formons la toute premières génération d’animateurs – producteurs/trices et de technicien(ne)s solaires. La radio permet aux établissements des villages de mieux étudier. Et ce concept est à exporter ailleurs.”

Quand on demande à Issa, quelle différence y’a entre la radio aujourd’hui et il y’a 20 ans? Issa répond: “Le facteur est de taille, car pour le constructeur l’outil est désormais disponible. Et de deux, pas besoin de distribuer les radios aux auditeurs; 4 villageois Africains sur 7 ont accès à un appareil radio, ou un téléphone portable équipé d’une puce FM. Nous le vivons au boum des marchés Asiatiques électroniques sur le continent Africain.”

Pour finir, le promoteur nous révèle une insolite: “Les pygmées “Bedzan” qui ont leur campement à sept kilomètres n’ont écouté la radio pour la première fois en juillet 2017. Cela veut dire qu’en tant que Civilisation, nous sommes en retard sur le service à rendre à notre espèce.”

Cependant, la Radio Taboo est engagée à rattraper ce retard dans la Plaine Tikar. Pour preuve, la station forme et recrute des membres de cette communauté qui ensuite gagnent de l’expérience en communication, en pratiquant le métier au profit du même milieu pour un développement endogène inclusif et durable.

Pour plus d’informations, visitez les sites http://www.hitip.org, www.radiotaboo.org