Utiliser les technologies de l’information et des communications (TIC) pour mettre les innovations entre les mains des agriculteurs

30 Octobre 2018
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Des millions de petits exploitants agricoles des régions éloignées n’ont pas accès à l’information qui les aiderait à satisfaire leurs besoins agricoles. Ils n’ont donc pas la possibilité d’apprendre et d’appliquer des pratiques agronomiques améliorées et efficaces permettant d’accroître la productivité et la sécurité alimentaire des ménages.

Le Fonds canadien de recherche sur la sécurité alimentaire internationale (FCRSAI), financé par le Centre de recherches pour le développement international et Affaires mondiales Canada, a conçu un programme visant à accroître la collaboration entre les agriculteurs, les chercheurs et les secteurs public et privé pour résoudre les problèmes d’insécurité alimentaire et nutritionnelle. Le programme s’intéressait particulièrement aux moyens d’intensifier de manière efficace et durable les innovations agricoles afin d’atteindre le plus grand nombre possible de petits exploitants agricoles, en particulier les femmes, en utilisant les technologies de l’information et de la communication (TIC).

Plusieurs des projets du FCRSAI ont mis à l’essai des approches visant à fournir des conseils et des technologies agronomiques utiles aux agriculteurs ruraux au moyen de différents modèles de vulgarisation soutenus par les TIC, notamment la radio, la vidéo, les téléphones mobiles, les SMS et les applications, en combinaison avec d’autres méthodes de vulgarisation.

Au Ghana, des chercheurs ont lancé AgroTech SmartEx, un système de vulgarisation à distance qui fournit des conseils agronomiques sur des pratiques améliorées pour les cultures importantes. Des agents de terrain équipés de tablettes électroniques contenant cette application mobile ont été en mesure d’atteindre un plus grand nombre d’agriculteurs grâce à un ensemble unique de services agroalimentaires et de mentorat personnalisé qui ne sont généralement pas offerts par les systèmes de vulgarisation traditionnels. Les agriculteurs participants ont vu leurs revenus et leur productivité augmenter en passant des écoles d’agriculture traditionnelles et des démonstrations à la ferme aux services de vulgarisation communautaires et aux systèmes de vulgarisation électronique tels que le logiciel SmartEx. Les services ont été renforcés par des méthodes novatrices et peu coûteuses de diffusion d’émissions agricoles interactives à la radio. Les agriculteurs munis de téléphones cellulaires pouvaient téléphoner pour demander à des experts quelles étaient les différentes technologies et leurs utilisations, ce qui renforçait l’apprentissage. Dans un pays où la faim en milieu rural reste trop répandue, un tel modèle offre aux petits exploitants agricoles de nouvelles possibilités d’apprendre des pratiques agricoles modernes et durables, d’obtenir des crédits et des intrants agricoles et de trouver des acheteurs réguliers pour leurs cultures.

En Tanzanie, une campagne multimédia a utilisé une combinaison d’émissions de radio, de groupes d’écoute radio, de bandes dessinées pour les jeunes, de parcelles témoins, d’interactions par SMS au moyen du téléphone mobile et de matériel de vulgarisation imprimé pour fournir aux agriculteurs de l’information précise et disponible en temps utile sur la manière d’augmenter les rendements et les revenus des cultures. Le projet a démontré que plus les ménages agricoles disposent de sources d’information précise et disponible en temps utile, plus ils sont susceptibles d’adopter de nouvelles technologies.

Un autre projet en Tanzanie a utilisé des bons électroniques envoyés par téléphone cellulaire aux consommateurs et aux détaillants afin de fournir aux agriculteurs pauvres isolés de l’huile de tournesol enrichie en vitamine A. L’initiative visait les personnes les plus vulnérables (les mères allaitantes et leurs enfants) qui souffrent de carences en vitamine A. Le projet a démontré comment une culture de tournesol produite localement, transformée dans des entreprises locales et vendue par des détaillants locaux grâce à des bons électroniques comme incitatifs peut améliorer la sécurité alimentaire et stimuler la croissance économique locale.

En Éthiopie, un partenariat unique entre agriculteurs, transformateurs, chercheurs et gouvernement a permis d’élaborer des approches éprouvées pour transformer l’agriculture de subsistance en une entreprise dynamique et axée sur le marché. Des émissions radiophoniques participatives combinées à des démonstrations de recettes d’aliments et de collations à base de légumineuses alimentaires, des séances d’éducation nutritionnelle et des journées champêtres pour les agriculteurs ont sensibilisé ces derniers aux avantages des légumineuses améliorées et des pratiques culturales, ainsi qu’aux avantages nutritionnels des légumineuses.

Pour en savoir plus sur les projets et les leçons tirées du FCRSAI, consultez le www.crdi.ca/fcrsai

Wendy Manchur est administratrice du programme Agriculture et sécurité alimentaire du Centre de recherches pour le développement international (CRDI).

Suivez-la sur Twitter : @wmanchur

Crédit photo: © IDRC / Bartay
Description: Njombe, Tanzanie – 19 avril 2017: Paul Vincent l’animateur de l’émission ‘Kilimo Sound’ sur le terrain interviewant des agriculteurs pour recueillir leurs problèmes, leurs histoires et réussites à diffuser dans son émission ‘Kilimo Sound’.

 

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