Projecteurs sur Josephine Adumako Akaribo, radiodiffuseuse à Radio Gurune, au Ghana, et lauréate du Prix des communications George Atkins 2017

26 Novembre 2018
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Les émissions agricoles sont une affaire de famille à Radio Gurune, à Bolgatanga, dans la région de l’Est du Ghana. La directrice de la station Lydia Ajono et sa nièce, la radiodiffuseuse Josephine Adumako Akaribo, ont réalisé une émission agricole hebdomadaire qui répond aux besoins et aux intérêts des agriculteurs de la région.

Il y a plusieurs années, madame Ajono a perçu un potentiel de radiodiffuseuse chez sa nièce qui enseignait à cette époque. Elle lui a demandé de venir faire du bénévolat à la station et former les autres membres du personnel sur les compétences et les techniques de radiodiffusion. Madame Akaribo n’avait pas officiellement étudié en journalisme, mais elle avait participé à des formations du Réseau des radios communautaires du Ghana, à Tamale et à Accra. Elle développa rapidement une passion pour la radio.

Madame Akaribo déclare : « J’arrivais à faire exactement ce qu’elle me demandait et elle était très satisfaite de mon travail. »

En 2011, elle devint radiodiffuseuse à temps plein à Radio Gurune. Elle animait une émission sur la santé et la nutrition, et lisait les nouvelles en anglais. Mais son émission préférée est Sada-Tire, une émission agricole diffusée les mercredis soirs, en guruni, un dialecte local.

Madame Akaribo déclare : « Je suis passionnée par l’émission agricole. L’agriculture est une chose dont je suis tombée amoureuse au fil des ans alors que je ne m’y connaissais même pas en radio. »

Madame Akaribo rendait visite à ses proches à la ferme dès le jeune âge et observait les difficultés qu’ils rencontraient au niveau de la production agricole et l’accès à l’information. Elle déclare : « Ils me demandent pourquoi je m’y intéresse et je leur réponds : ‘Parce que vu la manière dont vous souffrez, je veux savoir comment on peut améliorer la productivité’. »

Madame Akaribo anime l’émission agricole depuis plus de six ans. Et depuis le début, elle savait qu’elle ne pouvait pas aider les agriculteurs et les agricultrices en restant simplement assise au studio. Madame Akaribo se fait le devoir de rendre visite aux paysans et aux paysannes dans leurs communautés chaque fois qu’elle le peut, et ce, malgré les problèmes de transport.

De plus, elle profite de la confiance dont elle jouit en tant que radiodiffuseuse pour encourager les autres agricultrices à s’exprimer. Madame Akaribo déclare : « Cette émission outille les femmes des communautés. … Lors de ma première sortie, les hommes étaient disposés à me parler, mais les femmes non. Tout ce que les hommes disaient était irrévocable. »

Dans les régions rurales du Ghana, les femmes représentent 50 à 70 pour cent de la main-d’œuvre du secteur agricole. Elles sont celles qui en premier procurent à manger à leurs familles. Cependant, les femmes ont un accès et un contrôle limité sur les terres agricoles. Elles ont besoin de l’accord de leur mari pour acheter ou louer une terre. En outre, comme ce sont les garçons qui héritent de la terre, les femmes ont plus de risques de perdre leur source de nourriture, de revenus et leur logement.

Toutefois, madame Akaribo sait qu’il est vital d’amplifier les voix des femmes. Elle déclare : « Quand je me rends auprès des communautés, je m’entretiens avec les hommes et leur explique pourquoi les voix des femmes doivent être entendues… Je ne peux pas faire l’émission sans elles. »

Le travail de terrain de madame Akaribo est particulièrement important en raison du manque d’agent(e)s de vulgarisation agricoles dans la région. Pour plusieurs agriculteurs et agricultrices, la radio est le seul moyen disponible qui leur transmet des informations sur l’agriculture.

Elle déclare : « [Sada-tire] est un outil très efficace pour les agriculteurs. Plusieurs districts tirent profit de l’émission que nous produisons et elle est très utile. J’espère réellement que cette émission continuera à avoir plus d’impact sur l’agriculture. »

Madame Akaribo a reçu le Prix des communications George Atkins en 2017 pour son travail dans le domaine de la radiodiffusion agricole à Radio Gurune. Mère de deux enfants, elle est revenue récemment de son congé de maternité et est impatiente de reprendre le travail, surtout celui qui concerne son émission préférée.