Intégration de la vérification des faits dans les radios kényanes (PesaCheck)

05 Novembre 2018
A translation for this article is available in English

Les fausses nouvelles sont un problème omniprésent au Kenya, surtout lorsqu’il s’agit de situations potentiellement délicates où il est difficile de trouver des faits. Dans ce genre de situations, le manque d’informations rend la désinformation particulièrement préjudiciable.

Avant la période électorale de 2017, Portland Communications a mené une enquête sur les fausses nouvelles et la désinformation au Kenya. L’enquête a révélé que 90 % des répondants avaient déjà reçu de fausses informations ou des informations erronées, et que 87 % considéraient ces nouvelles comme ayant été volontairement faussées.

Code for Kenya est une organisation qui forme les journalistes de radio et les personnes qui travaillent dans les salles de rédaction sur le contrôle et la vérification des faits en vue d’apporter un meilleur soutien aux Kényans, notamment ceux qui vivent en milieu rural.

L’organisation a travaillé avec quatre stations de radio durant la période précédant la Journée internationale de la vérification des faits, le 2 avril, et après. Cette journée suit immédiatement la journée du poisson d’avril, où il y a toutes sortes de canulars, et elle met surtout l’accent sur le contrôle et la vérification des faits plutôt que sur les blagues et les histoires fictives.

La première station à avoir été formée fut la 98.4 Capital FM qui propose un service d’alerte qui lui permet de diffuser des nouvelles par SMS, ainsi qu’une salle de nouvelles en ligne, en plus des émissions régulières. Capital FM a été victime d’un faux sondage réalisé pendant la période électorale. Ce sondage faisait partie d’un stratagème complexe de désinformation qui incluait un faux site conçu pour imiter le véritable site Web d’Ipsos Synovate, une firme de recherche et de sondage qui réalise régulièrement des sondages sur les questions d’intérêt public.

La deuxième station impliquée dans la formation était 1FM, une station commerciale de Nairobi. La formation a porté sur le travail que l’International Fact-Checking Network fait pour fixer des normes pour les vérificateurs de faits du monde entier, ainsi que sur la façon dont les individus peuvent exploiter les travaux d’organisations telles que PesaCheck afin de vérifier eux-mêmes les faits.

Deux des quatre stations impliquées dans le projet de vérification des faits sont communautaires : Ghetto FM, à Imara Daima, et Mtaani Radio, située à Kabiria, à Dagoretti, une zone de Nairobi. Les stations communautaires ont tendance à se concentrer plus sur les problèmes locaux, ce qui fait qu’elles sont plus sensibles à ce dont parlent les populations locales. Par conséquent, l’objet de leur formation portait principalement sur les stratégies visant à amener les auditeurs à partager leurs expériences en matière de fausses nouvelles. Un certain nombre d’appelants ont cité des exemples de fausses nouvelles qu’ils avaient entendues.

Selon Code for Kenya, en vérifiant activement les faux reportages, y compris les contenus tels que les vidéos et les photos, et en offrant aux auditeurs les moyens de vérifier les reportages eux-mêmes, les stations de radio peuvent combattre assez efficacement le phénomène de fausses nouvelles.

La radio peut être une plateforme efficace pour la vérification des faits. Toutefois, en raison de la vitesse à laquelle circulent les informations et du niveau de confiance du public kényan envers la radio, il est également facile de répandre des informations erronées au moyen de la radio. Par conséquent, la vérification à partir de la radio doit être bidirectionnelle : les radiodiffuseurs doivent s’assurer que ce qu’ils diffusent est exact, et les auditeurs doivent apprendre les techniques pour vérifier ce qu’ils entendent pour être certains qu’on ne les trompe pas.

La radio peut être une véritable force pour le bien. De plus, dans la lutte contre les fausses nouvelles et la désinformation, une plateforme rapide et populaire qui fournit aux citoyens des informations crédibles et fiables est un atout.

La présente rubrique « En lumière » est adaptée d’un article rédigé par Eric Mugendi, le rédacteur en chef de PesaCheck.org, et publié sur le blogue de l’organisation. Pour lire l’intégralité de l’article, cliquez sur : https://pesacheck.org/bringing-fact-checking-to-kenyan-radio-with-fred-fact-3cdf0cfb1d15

Établir une relation avec les vérificateurs de faits de votre région!

Le but de PesaCheck est de vérifier les déclarations faites par les agents publics. L’organisation possède des sections au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda. « Pesa » signifie « argent » en swahili, démontrant ainsi l’importance de vérifier les déclarations des agents publics, notamment celles qui ont trait aux budgets et aux finances publiques.

PesaCheck a vérifié diverses déclarations publiques depuis 2017, dont celles sur l’allocation du budget du Kenya pour les soins de santé, la durée du congé d’allaitement pour les mères en Tanzanie, la cause de la hausse des prix du maïs en Tanzanie, et le taux de surpeuplement des prisons ougandaises comparativement à d’autres pays.

L’organisation la plus connue pour la vérification des faits en Afrique est Africa Check, qui a des bureaux à Johannesburg, à Nairobi, à Lagos, à Dakar et à Londres. Depuis 2012, Africa Check a vérifié les faits concernant des centaines d’allégations faites sur des sujets allant de la criminalité et la race en Afrique du Sud à la population au Nigeria, ainsi qu’aux fausses cures de santé proposées dans des pays africains. L’organisation publie les résultats de vérification des faits en anglais et en français.

Pour en savoir plus sur Africa Check et consulter tous ses rapports, cliquez sur le lien : http://fr.africacheck.org/

ZimFact a récemment adhéré à la vérification des faits, à partir de mars 2018. L’organisation vérifie des faits concernant diverses préoccupations du public, et note que ce dernier fait de moins en moins confiance aux médias dans un pays très marqué par la politique. Le Zimbabwe a eu 10 grandes élections à l’échelle nationale en deux décennies, et il a tenu ses dernières élections le 30 juillet dernier. Les rapports de ZimFact concernaient des allégations sur les salaires de base des médecins en formation et la pension de l’ancien président zimbabwéen Robert Mugabe.

Pour en savoir plus sur ZimFact, lisez ce reportage du rédacteur en chef Cris Chinaka : https://africacheck.org/2018/05/24/comment-the-long-journey-to-zimfact/