En lumière : Faire de la radiodiffusion depuis le plus grand camp de réfugiés tanzanien (NRC)

12 Février 2018
A translation for this article is available in English

À son arrivée au camp de réfugiés de Nyarugusu en Tanzanie, en 1997, en provenance de la République démocratique du Congo, Jonathan était méfiant. Très peu d’informations circulaient sur les enjeux auxquels faisaient face les résidents du camp.

Nyarugusu est situé à 150 kilomètres environ du lac Tanganyika, près des frontières tanzaniennes avec la RDC et le Burundi. Il s’agit d’un des plus grands camps de réfugiés dans le monde.
Certaines choses se passaient, mais personne n’en avait connaissance.

Jonathan décida qu’il fallait que les choses changent par rapport au manque d’information. Il trouva alors un haut-parleur et un petit émetteur. Durant le jour, il se rendait auprès de différents organismes d’aide afin d’y recueillir des informations. Le soir, il annonçait ce qu’il avait appris. Très vite, des foules commencèrent à se rassembler autour du haut-parleur pour se mettre au courant des nouvelles de Jonathan.

Jonathan ne s’assoit plus dehors avec son haut-parleur. Il est dans un studio convenable. Radio Umoja 92.3 FM est désormais une station de radio populaire au sein du camp de réfugiés de Nyarugusu, où ont trouvé refuge plus de 120 000 réfugiés congolais et burundais qui ont fui les violences dans leurs pays d’origine. Après près de 20 ans d’activité, la station touche désormais un auditoire mondial, et ce, des États-Unis à la Norvège.

Jonathan explique : « Grâce à Internet, nous pouvons toucher des millions de personnes. » Les auditeurs et les auditrices leur envoient régulièrement des salutations d’aussi loin qu’en Afrique du Sud, des Pays-Bas et de l’Australie.

Il ajoute : « Radio Umoja est indépendante et appartient aux réfugiés. » À en juger par la taille de son auditoire, ces derniers semblent lui donner raison.

Gabriel et Maria sont deux collègues de Jonathan. Ils travaillent comme animateurs bénévoles pour permettre aux résidents de Nyarugusu d’avoir les dernières actualités.

Gabriel a été obligé de fuir son Burundi natal à maintes reprises. Maria vit en Tanzanie en tant que réfugiée congolaise depuis 2001. Le travail de bénévolat à Radio Umoja donne un but à leur vie.

Gabriel déclare : « Je rêvais de cela depuis tout petit. J’ai toujours voulu être journaliste. »

Maria est une des journalistes de Radio Umoja sur le terrain. Elle anime également des émissions depuis le studio. Pour elle, il est important de motiver les jeunes filles. Enfant, elle aimait écouter la radio le soir. Maintenant qu’elle est adulte et mère célibataire, elle se considère comme un modèle.

Elle déclare : « Les gens veulent toujours me parler dans la rue et les enfants viennent me saluer. »

Bien qu’il s’agisse d’un métier gratifiant, il n’est pas facile d’exploiter une station de radio dans un camp de réfugiés. Jonathan, Gabriel et Maria sont des bénévoles non rémunérés. La station commence à émettre très tôt le matin jusqu’au soir, en dépit du manque de financement.

Pour subventionner les frais d’exploitation, ils vendent parfois des cartes de vœux et des publicités à l’antenne.

Cependant, ces défis ne les découragent pas. En fait, Radio Umoja a des ambitions de plus en plus grandes. L’équipe offre des cours sur la radiodiffusion aux jeunes réfugiés qui s’intéressent au journalisme. De cette façon, la prochaine génération pourra prendre la relève.

Vous pouvez écouter Radio Umoja en ligne au : www.umojaradio.nl.

Le présent article est une adaptation d’un article intitulé « Broadcasting from Tanzania’s largest refugee camp » publié par le Conseil norvégien des réfugiés. Pour lire l’article original, cliquez sur : https://www.nrc.no/news/2017/august/broadcasting-from-tanzanias-largest-refugee-camp/.

Photo: Radio Umoja. Crédit: Ingrid Prestetun / NRC