Raisons du regroupement des groupes d’écoute communautaires

20 Mars 2017
Une traduction de cet article est disponible en English

Les groupes d’écoute communautaires sont courants en Ouganda, et contribuent grandement aux émissions radiophoniques.

Dans le district de Kiboga, dans la région du centre de l’Ouganda, 25 agriculteurs et agricultrices se réunissent une fois par semaine. Ils cultivent tous du haricot, s’entraident par le biais d’une association villageoise d’épargne et de crédit et écoutent la station de radio Akaboozi. Il s’agit du groupe d’écoute communautaire de l’Association paysanne de Kirangira.

Les membres de cette association adorent la station de radio Akaboozi, et écoutent les émissions cruciales pour leurs travaux agricoles. Une de ces émissions, Kalasamayanzi (Émission des agriculteurs), parle de culture du haricot.

Les agriculteurs et les agricultrices cultivent du haricot qu’ils vendent à la Community Enterprise Development Organization (CEDO) qui le transformera et le vendra sous forme de haricot précuit. Le haricot est riche en protéines et en fer.

Ces producteurs et ces productrices savent qu’en tant qu’auditeurs et auditrices, ils sont utiles à la station de radio. David Sebina a déclaré : « Nous auditeurs et auditrices sommes les principaux client(e)s de la radio. » Ils savent que les commanditaires de l’émission radiophonique ont hâte que les auditeurs et les auditrices soient à l’écoute chaque semaine.

Ils contribuent également à l’émission. Jenifer Nakaye est une agricultrice de 55 ans qui s’est récemment mise à la culture du haricot. Grâce aux conseils prodigués dans les émissions de la station de radio Akaboozi, elle est certaine d’obtenir de bons revenus. Elle a eu la chance d’ajouter sa voix à une discussion durant la 11e semaine de l’émission radiophonique consacrée aux pratiques après récolte telles que le transport et la conservation.

Mme Nakaye déclare fièrement : « C’était la première fois de ma vie de me trouver dans le studio de la station Akaboozi, à Kampala. »

Dans le district de Mubende, en Ouganda, le groupe d’écoute communautaire Kasambya Twegate est formé de plus de 100 membres. Muomesa Muyanja Expedito affirme qu’ils écoutent parce qu’ils y trouvent de précieux renseignements : « C’est facile pour nous d’obtenir des nouvelles et des informations sur les activités agricoles. Et nous apprenons à semer à temps. »

Ils ont également appris à contribuer aux activités de la station de radio. Kevina Nabigobe Bukande l’explique bien : « À travers les échanges et les discussions, le monde apprend de nous, et nous aussi nous apprenons des autres. »

Toutefois, ces agriculteurs et agricultrices ne se sont pas regroupés juste pour tirer profit de l’émission radiophonique. Mary Naluwaga est membre de l’Association paysanne de Kirangira. Elle affirme que les possibilités sont plus nombreuses lorsqu’on est en groupe. Ils ont par exemple la possibilité de suivre des formations. Un autre membre du groupe, Jennifer Kabasomi, était du même avis. Elle affirme qu’elle acquiert plus de connaissances au sein d’un groupe que s’il est travaillait seule.

Les membres de l’association paysanne de Kirangira bénéficient aussi d’une association d’épargne et de crédit qui leur permet d’avoir de l’argent en empruntant auprès d’autres membres du groupe.

En tant que groupe, ils examinent et adoptent plusieurs nouvelles pratiques. Ces pratiques incluent l’okukabala, ou le sarclage approprié de leurs champs, une gestion améliorée des produits après les récoltes et un meilleur contrôle de qualité de leur haricot. Ils parlent également de différents pesticides destinés à lutter contre les ravageurs.

Mme Nakaye ajoute : « Nous parlons toujours de pratiques agricoles modernes et réfléchissons à la façon dont on peut obtenir des semences améliorées. »

M Sebina ajoute : « Lorsque vous êtes en groupe, vous êtes plus forts que si vous étiez tout seul. »