Tanzanie : Des productrices de fruits et légumes se tournent vers l’agriculture biologique pour satisfaire le besoin grandissant du marché

24 November 2019
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Dans son jardin potager, Teresia Alexander porte un seau d’eau sur la tête et tient un autre par la main droite. Cette mère de six enfants verse l’eau dans un réservoir en plastique situé au centre de son jardin. Le temps est humide, le ciel est partiellement nuageux, et il est 8 h 20. Le soleil radieux du matin frappe les légumes que la veuve de 53 ans s’apprête à arroser.

Madame Alexander va chercher l’eau dans une fontaine publique située à environ 500 mètres de sa maison en tôles ondulées. Ses légumes poussent bien et elle a démarré la récolte sur l’autre partie de son potager. Elle sourit et déclare : « C’est mon quatrième tour. Je vais devoir faire encore trois tours à la fontaine avant de pouvoir commencer à arroser mes légumes … mais c’est épuisant. »

Madame Alexander cultive des fruits et des légumes dans le village de Kimbi-Juu, au sud-est de Moshi, une ville de la région du Kilimandjaro, au nord-est de la Tanzanie. Elle applique des méthodes biologiques. Elle n’utilise ni engrais ni pesticides, car beaucoup préfèrent de plus en plus les légumes et les fruits biologiques.

Madame Alexander cultive l’épinard, la tomate, le poivron et le chou-fleur, ainsi que des fruits tels que la papaye, l’avocat et les mangues. Pour éviter d’épandre des engrais chimiques sur les fruits et les légumes, elle utilise du fumier provenant de ses animaux. Elle élève deux chèvres et une vache laitière, et possède une ferme avicole sur sa terre d’une acre. Presque chaque jour, elle se réveille à cinq heures du matin pour nettoyer l’étable et les poulaillers. Elle ramasse le fumier qu’elle utilise en guise d’engrais.

Selon elle, les agriculteurs et les agricultrices sont plus nombreux à adopter les pratiques biologiques, car celles-ci attirent plusieurs client(e)s qui préfèrent acheter des aliments sains et écologiques.

Les pratiques agricoles biologiques fournissent à madame Alexander et à d’autres agriculteurs et agricultrices d’exploitations familiales de sa région un bon marché dans leurs villages et ailleurs. Elle explique : « Les gens viennent des villages voisins non seulement pour apprendre, mais pour acheter également mes légumes. Ils disent toujours qu’ils sont sains tout simplement parce qu’aucun produit chimique n’est utilisé pour leur culture. »

Erica Lyimo est spécialiste en nutrition à Moshi. Elle affirme que le nombre de personnes qui se tournent vers les fruits et les légumes augmente rapidement. Elle ajoute : « Pendant des années, à cause de l’utilisation des engrais et des pesticides chimiques dans la production des légumes et des fruits, les gens doutaient des bienfaits nutritionnels de ces aliments. »

Romana Mateil est agente de vulgarisation agricole dans la région. Elle soutient que beaucoup de producteurs et de productrices se ruent vers les pratiques biologiques. Elle ajoute : « La raison est qu’ils trouvent que c’est moins coûteux et plus durable, car la majorité élève aussi des animaux comme les vaches, les chèvres et les volailles sur leurs fermes. » L’exploitation de cette source de fumier facilement accessible pour fertiliser leurs cultures leur permet d’économiser de l’argent.

Pour combattre les organismes nuisibles en agriculture biologique, madame Matei soutient qu’au lieu d’acheter des pesticides chimiques, les agriculteurs et les agricultrices de la région utilisent les racines du mtuba, un arbuste répandu dans la localité. Ils écrasent la racine et la font fermenter pendant deux jours. Selon les croyances, lorsqu’on l’applique sur un champ, les insectes nuisibles, les organismes pathogènes et d’autres organismes nuisibles ne s’approchent pas des cultures.

Jackson Mushi est vendeur de fruits et de légumes à Moshi. Il raconte que ses client(e)s préfèrent acheter des produits agricoles biologiques. Il ajoute : « Si les clients découvrent que vos légumes ou vos fruits sont biologiques, vous êtes assurés d’avoir un marché instantané. »

Madame Alexander affirme que l’agriculture biologique a tout changé pour le mieux dans sa famille, et qu’elle a désormais un revenu stable en vendant des fruits et des légumes. À ses dires, elle gagne entre 20 000 et 30 000 shillings tanzaniens (8,60 $ à 13 $ US) par semaine grâce à la vente des fruits et des légumes.

Elle ajoute qu’elle peut maintenant se nourrir et prendre soin de sa famille, y compris sa fille qui étudie à l’université. Elle déclare : « Je vous le dis, il y a une forte demande pour les aliments biologiques et, donc, le marché se [développe]. »

Uniterra Tanzanie travaille avec des partenaires locaux dans les sous-secteurs des fruits, des légumes et du tourisme pour aider les jeunes et les femmes à accéder à de meilleures opportunités économiques. Uniterra a financé la production de cette nouvelle. Ce programme bénéficie de l’appui financier du gouvernement du Canada, et ce, par l’entremise d’Affaires mondiales Canada, www.international.gc.ca. Découvrez plus et suivez Uniterra Tanzanie sur Facebook à : facebook.com/wusctanzania.