Sénégal : Une laiterie familiale crée un réseau de distribution de yaourt à Kolda

28 October 2019
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Beau temps, mauvais temps, Seydou Baldé, 70 ans, fabrique du yaourt localement appelé « lait caillé » depuis 2003. Monsieur Baldé est le propriétaire de la laiterie Jawdi à Kolda, au sud du Sénégal.

Un matin, un fournisseur de lait arrive sur sa moto bruyante pour vendre le lait de ses vaches. Il peut compter sur un accueil cordial de monsieur Baldé qui connaît l’importance de préserver de bons rapports avec les fournisseurs. Ancien boutiquier, il a acquis une certaine expertise en matière de relation d’affaires avant de lancer lui-même sa propre activité laitière.

Dans cette région, le lait accompagne plusieurs repas et est considéré comme une boisson qui favorise la croissance des enfants. Mais la transformation du lait en yaourt est moins courante. Monsieur Baldé doit cette idée à des amis peuls qui lui ont donné la recette.

Au début, l’entreprise produisait 20 litres de lait par jour. Quatre ans plus tard, la laiterie Jawdi a accru sa production et a acquis une moto pour distribuer son délicieux produit à travers la « ceinture laitière » de la région de Kolda.

Monsieur Baldé utilise un grand four artisanal pour transformer le lait en yaourt. La dernière étape consiste en l’emballage dans des sachets imprimés à l’effigie Jawdi. Ce procédé coûte à monsieur Baldé 800 000 FCFA (1 340 $ US) pour une quantité de 250 kilogrammes.

Un des défis est qu’il n’existe aucune fabrique d’emballage hors de Dakar. Par conséquent, monsieur Baldé cherche à convaincre le ministre de l’Environnement et du Développement durable d’investir dans une usine d’emballage dans la région de Kolda.

Mamadou le fils de monsieur Baldé l’aide au niveau de la production, la livraison et la distribution. Mamadou est « l’homme à tout faire. » Chaque jour, il se lève à l’aube pour aller livrer le yaourt auprès des 60 points de chute, y compris les hôpitaux, les banques, un hôtel du centre-ville et plusieurs familles.

Depuis cinq ans, son père lui sert d’exemple pour entretenir de bonnes relations d’affaires avec leurs clients, malgré les difficultés. Il déclare : « En tant que fils, j’aime avoir un défi à relever. Parfois, il me faut transiger avec une clientèle diversifiée, des individus qui essaient parfois d’arnaquer. On doit faire preuve de diplomatie auprès des clients qui n’ont pas toujours d’argent. On leur fait crédit, après tout, il faut être moderne! »

Une autre alliée dans l’entreprise Jawdi est la fille Sadio Baldé qui gère des stocks. En 2015, après avoir obtenu son baccalauréat, elle décide de se rallier à la laiterie familiale. Elle réalise que les opérations exigent un contrôle plus rigoureux. Elle explique : « Il y avait trop de laisser-aller et d’importantes pertes de lait. Aucun [système] de gestion financière n’était en place pour payer les éleveurs selon le volume de lait, alors j’ai mis en place des fiches détaillées des quantités que chaque éleveur doit remplir chaque mois. Les chiffres doivent concorder avec ceux que je note dans mon cahier comptable. » Grâce à ce système, les déficits de 400 000 FCFA (670 $ US) qui étaient enregistrés chaque mois ont disparu.

Sadio Baldé juge qu’il est nécessaire de propager l’information selon laquelle le lait peut contribuer à une meilleure qualité de vie. Le lait a des bienfaits pour la santé et la croissance des enfants et leur santé, car il est riche en calcium et en vitamine D. Elle est fière d’être associée à la marque Jawdi et préconise une sécurité nutritionnelle par le lait.

Avec un chiffre d’affaires mensuel de près de deux millions de FCFA (3 360 $ US), la laiterie Jawdi aspire à de nouveaux horizons : la production de fromage et peut-être même l’aménagement de son propre espace d’élevage de bétail. Le fils Baldé rêve à plus : il songe à exporter à la grandeur de la région, jusqu’à Dakar et même en Guinée-Bissau.