Malawi : Des associations font bénéficier les agriculteurs de la culture d’arachide

30 September 2019
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C’est un mercredi matin radieux et Phillip Msakwisa supervise les travaux de construction de sa nouvelle maison. Ce sont les bénéfices de sa production d’arachides qu’il utilise pour construire celle-ci, chose qu’il n’aurait pas pu gérer facilement avant d’avoir adhéré à l’association paysanne.

Cette année, monsieur Msakwisa a obtenu une récolte exceptionnelle d’arachides, soit environ 1 200 kilogrammes. Selon lui, cela a été possible à cause des connaissances et des conseils obtenus au sein de son club.

Il explique : « Avant d’adhérer à cette association, j’ignorais quelles variétés convenaient à ma région et j’avais l’habitude de cultiver le Chalimbana, une variété locale peu productive et tardive. Je cultivais également les arachides sur une seule rangée par billon et l’espacement entre les stations de plantation et les billons n’était pas bon. »

Monsieur Msakwisa vit dans le village de Tandwe, dans le district de Ntchidi, à environ 50 kilomètres, au nord de Lilongwe, la capitale malawite. Il préside le Club des agriculteurs Mdumpha depuis sa création en octobre 2010. Ce club fait partie de la Coopérative Langa et regroupe 10 femmes et six hommes.

À ses dires, il vaut beaucoup mieux être membre d’une association paysanne que de cultiver et vendre des denrées individuellement. Par exemple : avec une association, l’accès aux services de vulgarisation agricole et au soutien technique des experts agricoles est facile.

Grâce au club, il a appris comment cultiver les variétés convenables d’arachides qui produisent bien. Monsieur Msakwiza affirme que les experts agricoles ont informé les membres du groupe que la variété CG7 convenait à la région, car elle est précoce et a un rendement élevé.

Il soutient que les experts leur ont aussi conseillé de semer leurs arachides sur deux rangées par billon pour augmenter leurs rendements.

Il a de même reçu des conseils concernant l’espacement idéal pour les arachides, à savoir 75 centimètres entre les billons et 15 centimètres entre les stations de plantation, avec des trous de plantation de 10 centimètres de profondeur.

Pour faire partie de l’association, un paysan ou une paysanne doit cultiver des arachides, du soja ou les deux. La personne doit également souhaiter se joindre au groupe d’épargne villageois et de crédit de l’association.

Alice Kawaye a adhéré au Club des agriculteurs Mdumpha en 2015. Ce sont d’autres membres qui vendaient leurs arachides à des prix plus élevés que les siens qui l’ont inspirée.

Madame Kawaye déclare : « Les arachides me rapportent maintenant plus d’argent depuis que j’ai adhéré à l’association. J’ai acquis un certain nombre de biens chez moi, car je vends mes arachides à de meilleurs prix. »

Selon elle, il est facile pour les agriculteurs et les agricultrices de fixer les prix lorsqu’ils vendent par le biais du club. Madame Kawaye ajoute : « En groupe, nous pouvons fixer les prix que nous voulons. Cela est impossible lorsque vous vendez seul, car la plupart du temps c’est l’acheteur qui détermine le prix. »

Elle affirme que les acheteurs préfèrent acheter avec les associations, car cela leur prend moins de temps et réduit leurs efforts de devoir se balader pour trouver la marchandise.

Les membres de l’association se réunissent deux fois par mois pour un partage de connaissances et d’idées sur la meilleure façon d’améliorer leur culture d’arachides, d’économiser et d’investir l’argent dans la caisse d’épargne et de crédit de l’association.

Japhet Zingani est l’agent responsable du secteur agroalimentaire du district de Ntchisi. À ses dires, la demande d’arachides par les acheteurs locaux et internationaux est forte et la seule manière dont les producteurs et les productrices peuvent satisfaire celle-ci c’est de vendre collectivement à travers un club, une association ou une coopérative.

Monsieur Zingani affirme encourager les agriculteurs et les agricultrices du district à collaborer à la production et la commercialisation tout en respectant les normes de qualité et les objectifs en termes de quantité pour satisfaire les besoins du marché.

Il explique : « Les agriculteurs sont mis en contact avec les acheteurs et ils participent à différentes plateformes de commercialisation. Nous renforçons également les capacités des membres des clubs sur la gestion de l’entreprise agricole, la commercialisation et la recherche de marché, ainsi que l’apport de valeur ajoutée. »

Selon monsieur Msakwiza, il remarque une grande différence au niveau des prix depuis qu’il a commencé à vendre les arachides par le biais du club, et c’est la raison pour laquelle il peut construire une meilleure maison. Il déclare : « Je bénéficie beaucoup de la culture et la vente des arachides par le biais du club des agriculteurs. Pendant que les agriculteurs indépendants vendent le kilogramme d’arachides à moins de 400 kwacha malawites (environ un demi-dollar américain), mes camarades membres du club et moi vendons à des prix supérieurs. »

Uniterra est un programme réalisé par le consortium CECI-EUMC, qui travaille au Malawi avec des partenaires locaux dans les sous-secteurs du thé, des légumineuses et de l’élevage laitier pour aider les jeunes et les femmes à accéder à de meilleures possibilités économiques. L’objectif est de renforcer le pouvoir économique des femmes et des jeunes en développant leur esprit d’entrepreneuriat. Le programme Uniterra a accordé un financement et un soutien technique pour la production de cette nouvelle. Le CECI et l’EUMC sont appuyés financièrement par le gouvernement du Canada par l’entremise d’Affaires mondiales Canada, www.international.gc.ca.