Burkina Faso : Des femmes protègent l’arbre à karité

02 September 2019
A translation for this article is available in English

Dans les provinces de la Sissili et du Ziro, au centre-ouest du Burkina Faso, les agricultrices connaissent la valeur du karité, connu sous le nom scientifique de Vitélaria paradoxa. Cet arbre est l’espèce dominante dans plus de 40 forêts du Burkina Faso, qui couvrent près de sur plus de 6 700 hectares.

Le karité procure des revenus importants aux agricultrices qui exploitent ses précieuses noix. Mais plusieurs facteurs menacent le karité, y compris le changement climatique et l’activité humaine. Cela inquiète les femmes transformatrices de noix de karité de la Fédération Nununa.

L’arbre à karité est intégralement protégé et le Code forestier du Burkina Faso interdit sa coupe pour une raison quelconque. Les contrevenants peuvent subir une peine d’emprisonnement et d’autres sanctions et amendes.

Djaratou Diasso défend l’arbre à karité. Elle explique sa passion en déclarant : « Le karité est comme nos enfants. Nous les femmes de la Fédération Nununa n’acceptons plus qu’on le coupe! »

Comme cet arbre leur rapporte un revenu important, les 5 000 agricultrices de la fédération sont très vigilantes par rapport à sa protection. En 2018, madame Diasso a obtenu 300 000 FCFA (508 $ US) pour chaque tonne de noix de karité ramassées et traitées. En milieu rural au Burkina Faso, c’est une somme importante.

Madame Diasso est la présidente de la Fédération Nununa. Elle donne l’exemple sur les stratégies de protection de l’arbre à karité. Elle déclare : « Il y a cinq ans, mon mari a abattu des arbres à karité dans son champ. Mais ça n’a pas été facile pour lui, car on l’a dénoncé [aux autorités locales] et il a dû fuir le village pendant des mois avant de revenir. »

Diasso Warama s’est dressée aussi contre son époux quand ce dernier a voulu abattre une jeune pousse de karité pour faire de l’espace pour sa récolte de mil. Elle se rappelle lui avoir dit de ne pas couper l’arbre. Au début, il n’a pas réagi en bronchant, mais il a finalement décidé de ne pas le couper.

Moulaye Barro est le chef du service forestier de la commune de Cassou dans la province du Ziro. Il affirme que les gens coupent l’arbre à karité pour avoir du bois de chauffe, le transformer en charbon ou pour préparer les champs. Les bûcherons utilisent aussi l’arbre pour faire des mortiers, des pilons et autres objets domestiques ou instruments de musique.

Ce n’est pas seulement l’activité humaine qui menace l’existence de l’arbre à karité. Des années de sécheresse et les fortes chaleurs ont occasionné la mort de beaucoup d’arbres. Les feux de brousse détruisent plusieurs arbres. Les plantes saprophytes constituent également un problème, car elles dérobent les éléments nutritifs aux arbres à karité et menacent leur survie.

Face à ces menaces, les agricultrices de Nununa s’inquiètent à propos de leur source de revenus et se demandent comment la préserver. Elles entreprennent des activités de restauration des forêts de karité, avec l’appui des services techniques de l’environnement de l’État. Chaque année, en saison de pluie, elles sèment des noix de karité et de jeunes plants développés en pépinière dans des espaces réservés ou dans les forêts karité.

Elles érigent des pare-feu pour contenir les feux de brousse et éliminent les plantes parasites.

Face à ce rude contexte, les 5 000 agricultrices de la Fédération Nunuma ne cessent de se battre pour défendre le karité, car il leur procure beaucoup de revenus. En 2018, les femmes ont gagné plus de 200 000 000 de francs CFA (340 000 $ US).

Uniterra est un programme mis en œuvre par le consortium CECI-EUMC, qui travaille au Burkina Faso avec des partenaires locaux dans le sous-secteur du karité, en vue d’aider les jeunes et les femmes à avoir accès à de meilleures opportunités économiques. L’objectif est de renforcer le pouvoir économique des femmes et des jeunes en développant leur esprit entrepreneurial. Le programme Uniterra a soutenu financièrement et techniquement la production de la présente nouvelle. Le CECI et l’EUMC bénéficient du soutien financier du gouvernement du Canada, par l’entremise d’Affaires mondiales Canada, www.international.gc.ca.