Zambie : Des agriculteurs augmentent leurs revenus d’arachides en fabriquant de la pâte d’arachide

08 July 2019
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Muketoi Lubinda est assis sur une chaise dans son échoppe. Il vend de la pâte d’arachide au marché Soweto au centre de Lusaka, la capitale zambienne. Le marché regorge de produits agricoles comme les tomates fraîches, le miel et les pastèques. Monsieur Lubinda se lève brusquement et tend un bocal de pâte d’arachide de 250 milligrammes à un client en échange de quelques kwacha zambiens.

Avec son frère, monsieur Lubinda cultive et transforme les arachides avec un équipement de transformation de fabrication locale et vend la pâte des noix dans leur échoppe. Il déclare : « Je vais m’améliorer avec le temps … la demande pour la pâte d’arachide ne fait qu’augmenter. Je peux dire avec certitude que ce commerce est rentable. »

Monsieur Lubinda avait l’habitude de récolter et vendre 50 sacs de 25 kilogrammes d’arachides non transformées, et d’attendre bonnement la prochaine saison agricole. Il gagnait de l’argent seulement après la récolte, par conséquent son revenu était faible comparativement aux agriculteurs et aux agricultrices qui ajoutaient de la valeur à leurs arachides. Mais avec la pâte d’arachide, il gagne de l’argent lorsqu’il vend un bocal.

Monsieur Lubinda et son frère ont commencé à produire et à vendre la pâte d’arachide en 2015. Pour satisfaire la forte demande, ils achètent des arachides chez d’autres agriculteurs et agricultrices. Les deux frères transforment 90 à 180 kilogrammes d’arachides séchées en pâte chaque jour.

La transformation prend beaucoup de temps, mais est gratifiante. Monsieur Lubinda explique : « Premièrement, nous grillons les arachides dans une friteuse. Généralement, nous faisons frire environ 45 kilogrammes d’arachides pendant trois heures, après quoi nous renversons les noix dans un séchoir pour qu’elles refroidissent…. Après ça, on les fait polir pour les débarrasser de leur coque extérieure. » Ils ont acheté leur friteuse chez un artisan local à 7 000 kwacha zambiens (543 $ US) et ont importé le cône à polir d’Inde, au prix de 15 000 kwacha (1 165 $ US).

Il ajoute : « Nous les transvasons ensuite dans le broyeur … et achevons le processus en mettant les arachides dans le finisseur où nous ajoutons du sel et obtenons une pâte de première qualité. »

Après la transformation, ils conditionnent la pâte d’arachide dans des bocaux en plastique transparent qu’ils transportent à l’échoppe pour vendre.

Avant de commencer à fabriquer la pâte d’arachide, monsieur Lubinda et son frère gagnaient 30 000 à 45 000 kwacha zambiens chaque année (2 330 $ à 3 500 $ US), mais maintenant, ils gagnent près de 150 000 kwacha (11 650 $ US).

Toutefois, les agriculteurs et les agricultrices qui font de la pâte d’arachide rencontrent des difficultés, y compris le prix élevé des arachides, du conditionnement et des services tels que l’électricité.

Jerome Miselo produit et vend également de la pâte d’arachide au marché Soweto. Selon lui, les coûts élevés de production sont parfois préjudiciables à l’activité. Monsieur Miselo explique : « Au cours des trois dernières années, le coût du carburant a augmenté de près de 50 % en Zambie, et l’an dernier les tarifs d’électricité ont augmenté, rendant ainsi les opérations coûteuses. Lorsqu’il y a une sécheresse, le prix des arachides augmente considérablement. »

Malgré ces difficultés, monsieur Lubinda croit que si le gouvernement interdisait l’importation d’arachides, les cultivateurs, les cultivatrices et les transformateurs comme lui pourraient en bénéficier, car les magasins et les supermarchés pourraient s’approvisionner plus en pâte d’arachide chez les agriculteurs, les agricultrices, les producteurs et les productrices locaux.

Il déclare : « Nous produisons de la bonne pâte d’arachide. Elle ne contient aucun additif. Je pense que le gouvernement doit restreindre l’importation de produits tels que celui-ci, qui est produit localement. »

Pour améliorer les opérations commerciales et satisfaire la demande locale, monsieur Lubinda et son frère ont l’intention d’acheter plus de terre, d’engager plus de main-d’œuvre, d’acheter d’autres machines de transformation et d’améliorer le conditionnement. Il ajoute : « Nous allons commençons à étiqueter notre pâte. »