Tanzanie : Des agriculteurs utilisent des sacs et des fûts en plastique pour protéger leur maïs des insectes nuisibles

08 Avril 2019
A translation for this article is available in English

Il est midi, mais Rose Alexander est toujours occupée à balayer chez elle le magasin où elle conserve son maïs. Madame Alexander déclare : « J’essaie toujours de maintenir mon magasin de maïs propre, et je mets mon maïs dans des sacs et des fûts en [plastique] pour éviter de le perdre à cause d’insectes nuisibles. »

Madame Alexander vit à Maroroni, un village de la région d’Arusha, au nord de la Tanzanie. Pour éviter les pertes dues aux insectes et d’autres organismes nuisibles durant l’entreposage, elle conserve son maïs dans des fûts et des sacs en plastique difficilement accessibles aux organismes nuisibles et aux insectes.

Beaucoup de paysans et de paysannes perdent leurs récoltes de céréales pendant la période d’entreposage en raison de mauvaises pratiques après récolte, en ne s’assurant pas, par exemple, que le maïs est assez sec ou protégé contre les ravageurs. Autrefois, madame Alexander déracinait également les plants de maïs même, qu’elle faisait sécher dans le champ avant de les transporter au lieu d’entreposage, une pratique qui expose les céréales aux attaques d’insectes et d’autres ravageurs.

Elle récolte environ 50 sacs de maïs de 100 kilogrammes chacun par an sur ses cinq acres. Toutefois, jusqu’à ce qu’elle se mette à utiliser les sacs et les fûts en plastique pour l’entreposage, elle perdait près de 50 kilogrammes au niveau de chaque sac à cause d’insectes tels que les charançons et les perceurs de grains.

Avant 2017, elle utilisait des sacs ordinaires pour conserver le maïs, mais les insectes nuisibles pénétraient facilement dans les sacs et causaient d’énormes pertes.

Elle déclare : « Les insectes envahissaient le maïs … nous étions tellement préoccupés, mais l’agent de vulgarisation est venu nous apprendre des techniques pour réduire les pertes après récolte au moyen de sacs et de fûts en plastique. »

Après les conseils de l’agent de vulgarisation, madame Alexander a acheté un gros bac en plastique de 200 litres pouvant contenir 100 kilogrammes de maïs.

Honest Mseri est une agricultrice de Meru qui utilise aussi des sacs et des fûts en plastique pour conserver son maïs. Selon elle, même si l’utilisation des récipients en plastique permet aux agriculteurs et aux agricultrices de réduire considérablement les pertes après récolte, cela coûte cher.

Elle déclare qu’il faut débourser près de 2 300 shillings tanzaniens (1 $ US) pour acheter un sac en plastique à double épaisseur : un sac de 50 ou 100 kilogrammes est placé à l’intérieur d’un autre. Un fût en plastique coûte 30 000 shillings tanzaniens (15 $ US).

Maneno Chidege est chercheur principal au Tropical Pesticides Research Institute d’Arusha. Il soutient que les agriculteurs et les agricultrices se heurtent à un défi majeur lorsqu’ils entreposent leur maïs, et que leur incapacité à entreposer le maïs récolté de façon sécuritaire est l’une des raisons des pertes si importantes qu’ils enregistrent après les récoltes à cause des insectes nuisibles.

Monsieur Chidege affirme que les paysans et les paysannes doivent s’assurer que leur maïs est bien sec avant de l’entreposer. L’excès d’humidité peut entraîner la pourriture. Il leur recommande également d’utiliser des sacs en plastique à double épaisseur pour éviter les insectes nuisibles durant l’entreposage.

Selon madame Alexander, les sacs et les fûts en plastique l’aident à réduire les pertes dues aux insectes nuisibles. Grâce à cette technologie du plastique, sa famille a désormais suffisamment à manger. Elle déclare : « Le maïs une excellente source de nourriture pour nous. Nous vendons le surplus pour avoir les frais de scolarité et j’ai également de l’argent pour faire un petit commerce. »

La présente nouvelle a été produite avec le financement de la Rockefeller Foundation dans le cadre de son initiative YieldWise.