Bénin : Un agriculteur transforme les noix de palmiers sélectionnés en huile commercialisable

25 February 2019
A translation for this article is available in English

Il est presque 7h. La lumière du jour dissipe inexorablement le brouillard. Séraphin Hounongbé marche à grands pas vers sa palmeraie, tenant le harnais élagage dans une main et la hache dans l’autre. Il déclare : « C’est le moment de la récolte. Je vais couper des régimes de noix de palme pour commencer la production de l’huile rouge. » Quelques femmes, le regard encore somnolant, débarrassent l’intérieur d’un apatam de fortune pour recevoir les régimes.

A 50 ans révolus, l’agriculteur entretient une ferme agricole rembourrée de palmiers sélectionnés, sur une surface de cinq hectares. Il habite à Tanta, une localité située à environ deux kilomètres de sa ferme, dans la commune de Zè, à 42 km de Cotonou, capitale du Bénin.

Monsieur Hounongbé cultive des palmiers sélectionnés qui sont les palmiers élèves par un centre de recherche pour produire plusieurs gros régimes de fruits constitués d’un gros noyau gorgés de pulpe et recouverts d’une mince coquille. Ces sont les qualités parfaites pour produire l’huile de palme.

L’homme engage des femmes du milieu pour faciliter la transformation des noix de palmiers sélectionnés en huile de palme, une source de revenu pour subvenir aux besoins de sa famille. Cette huile sera ensuite vendue à des semi-grossistes qui la commercialisent à leur tour au Nigéria.

La production d’huile de palme est un travail à la chaîne. Après la récolte, les régimes sont amassés et distribués aux ouvriers. Il faut ensuite procéder à l’effruitage, enlever les grappes autour des noix. Les femmes s’en chargent et seront payées en fonction du nombre de kilos de noix.

Le rôle des machines motorisée au gazoil prend ensuite le pas. La ferme dispose d’un cuiseur d’une capacité d’1.2 tonne qui sert à préparer les noix de palme. Un four a été acquis grâce à une somme de 1 100 000 CFA (1 722 $ US), fruit d’économies et de sacrifices. Après le cuissage, les noix sont stérilisées et pressées pour obtenir un liquide rougeâtre mélangé avec des coques et d’autres débris. Une autre machine mélange et clarifie l’huile pour enlever les débris et l’eau pour produire de l’huile.  Un processus qui s’étend sur une semaine.

En saison de récolte, de mars à mi-septembre, la ferme recueille chaque jour environ 1 200 kilogrammes de noix de palme. Elle a une capacité de production d’huile évaluée à plus de 13 000 litres par an. Monsieur Hounongbé déclare : « Le prix du bidon de 25 litres varie entre 17 et 21 $ US à la vente. C’est grâce à cette recette que j’ai pu scolariser deux de mes cinq enfants. Je vis aujourd’hui dans ma propre maison et ma petite famille ne manque de rien. »

Jean Koudjéga est un autre agriculteur vivant à Sékou, à 45 km de Cotonou, qui s’adonne à la production d’huile de palme depuis plus d’une décennie. Il explique : « Je prépare les noix de palme dans des marmites. Avec l’aide de mes proches parents, je les pille dans des mortiers. Nous filtrons les coques et détritus avec des passoirs avant de faire cuire le liquide obtenu au feu de bois. Même si cela paraît long, nous arrivons à produire l’huile de palme. »

Jacques Allah est spécialisé en industrie des produits agroalimentaires. Il déclare : « Les palmiers sélectionnés ont une croissance rapide et une bonne productivité en régime. Ils diffèrent des palmiers locaux au niveau du rendement en huile de palme de 30 à 38 %. De plus, l’huile de palme est riche en bêta carotène. » Le corps humain a besoin de bêta carotène pour créer la vitamine A qui est essentielle à une bonne santé, à la vue, et au système immunitaire.

Monsieur Hounongbé envisage d’élargir les activités de sa ferme vers la production animale, avec l’élevage de bœufs, moutons et lapins. Il prévoit les nourrir avec le tourteau de palmiste, une matière première dont on se sert dans la provenderie.