RDC : Un agriculteur élève bien ses chèvres en suivant de bonnes mesures d’hygiène

23 Décembre 2018
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Après une pluie battante, Bahati Assani patiente des heures jusqu’à ce que le soleil resplendisse avant d’aller faire paitre ses chèvres à cinq kilomètres de sa maison. Il tient un bâton dans la main droite pour diriger le troupeau, et une bouteille d’eau dans la main gauche pour étancher sa soif. Il a 58 ans et élève des chèvres depuis 13 ans.

Monsieur Assani vit à Sake, une commune située à l’ouest de Goma, une ville voisine du volcan Nyiragongo, à l’est de la République démocratique du Congo. Il nourrit ses 60 chèvres dans un pâturage d’un hectare sur une petite colline appelée Macha.

Depuis cinq ans, monsieur Assani applique des règles simples pour faire en sorte que son troupeau jouisse d’une bonne santé et d’une bonne hygiène et éviter de faire appel au vétérinaire. Il castre une douzaine de chèvres pour les engraisser rapidement, veille à la propreté de l’étable et ne conduit pas ses chèvres au pâturage tout de suite après qu’il a plu pour éviter qu’elles ne broutent les plantes mouillées.

Monsieur Assani explique pourquoi il a adopté ces méthodes : « Plusieurs fois, j’utilise des méthodes qui ne nécessitent aucune intervention médicale pour prévenir ou éradiquer certaines maladies. Par exemple : j’évite de donner à mes animaux des herbes mouillées ou de les amener au pâturage [immédiatement] après la pluie pour éviter le ballonnement de l’abdomen de l’animal. »

Il affirme qu’il est important de garder l’étable propre. Une étable sale attire des mouches porteuses de maladies qui peuvent nuire aux chevreaux et à la capacité de reproduction des femelles.

Monsieur Assani conduit ses chèvres vers un pâturage de fleurs et d’arbustes, afin qu’ils aient assez de protéines. Chaque semaine, il doit donner à ses chèvres des quantités suffisantes de fourrage pour qu’elles aient de l’énergie, et 100 grammes de protéines concentrées. Il achète des aliments qu’il mélange dans une boîte de tomates vide. Ces aliments permettent aux chèvres de bien grandir et d’être moins vulnérables aux maladies comme la kibagarira ou fièvre aphteuse.

Monsieur Assani applique des mesures d’hygiène rigoureuses tous les trois jours, surtout en saison pluvieuse. Il lave les mangeoires, les abreuvoirs et même les murs de l’étable.

Entre 2017 et 2018, son troupeau bien portant est passé de 37 à 60 chèvres. Il peut gagner à peu près 500 $ US par an en vendant des chèvres, sans compter les deux chèvres qu’il abat pour sa famille pour les célébrations de fin d’année. Son élevage de chèvres lui a permis de payer la moitié de sa dot, ainsi que la scolarité de ses deux enfants.

Monsieur Assani a réussi grâce aux bons conseils de Makasi Kubuya, un zootechnicien de l’Association des agronomes et vétérinaires du Kivu. Monsieur Kubuya conseille plusieurs éleveurs lorsque leurs bêtes sont pleines. Il déclare : « Je lui ai conseillé de faire paitre les chèvres gestantes dans des pâturages à fleurs pour améliorer la digestion de ces animaux. En outre, je leur ai enseigné comment identifier les signes avant-coureurs de la parturition, et la conduite à tenir en cas d’une mise bas difficile. »

Muhindo Dieudonné est un autre éleveur de chèvres de la région. Il habite à deux kilomètres de chez monsieur Assani qui l’a autorisé à copier certaines de ses méthodes. Il explique : « J’ai actuellement 20 chèvres grâce à ce plagiat intelligible. Pour faire progresser plus rapidement ma production, je castre certains boucs. Cela leur permet d’être rentables et d’avoir plus de valeur sur le marché. » Il peut vendre un bouc adulte à 110 $ US.

Monsieur Dieudonné évite d’entasser ses animaux dans l’étable pour réduire le risque de tiques. En saison pluvieuse, il désinfecte l’étable chaque semaine, et utilise un pulvérisateur pour plus d’efficacité.

Il déclare : « Deux mois après avoir appliqué ces principes d’hygiène, je conduis mes chèvres dans un pâturage d’arbustes et mon troupeau est passé de 20 à 30 chèvres. L’élevage des chèvres absorbera mes frais scolaires. »