Tanzanie : Des agriculteurs commencent à cultiver le manioc comme culture de rente en raison de la forte demande

16 Juillet 2018
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C’est le soir, mais Joram Mikanda est toujours au champ, où il vérifie si son manioc est suffisamment mature pour la vente. Monsieur Mikanda est un cultivateur de manioc expérimenté. Il explique : « Je cultive le manioc depuis les années 90…. Depuis ce temps jusqu’à maintenant, je concentre la majeure partie de mes efforts sur la culture du manioc. »

Monsieur Mikanda vit dans le village de Kitahana, dans la région de Kigoma, à l’ouest de la Tanzanie, où il y a une forte demande de la part des brasseries et des pays voisins pour le manioc.

Généralement, les gens de cette partie de la Tanzanie ne consomment pas trop le manioc. Ils préfèrent utiliser la farine de maïs pour préparer le plat national appelé ugali. Mais la demande en hausse pour le manioc suscite un intérêt, et beaucoup de paysans et de paysannes de la région commencent à cultiver le manioc comme une culture commerciale. Ils exportent leur manioc vers le Rwanda, la République démocratique du Congo et le Burundi.

Monsieur Mikanda explique : « Je vends le manioc frais sur le marché local et j’exporte le manioc séché vers d’autres pays…. À cette époque [les années 90], j’allais vendre le manioc au Burundi seul à vélo, et je vendais le kilogramme entre 20 et 50 shillings tanzaniens [0.01 $ US et 0,02 $ US], mais c’est très difficile et risqué de circuler à vélo dans la forêt. »

Monsieur Mikanda raconte que les ONG et les agents de vulgarisation agricole encouragent les agriculteurs et les agricultrices de la région à cultiver les variétés améliorées de manioc, car celui-ci est en forte demande dans les camps de réfugiés voisins, ainsi que dans les pays voisins.

Christopher Chubwa est un agriculteur du village de Kitahana qui s’est lancé dans la culture commerciale du manioc en l’an 2000. Il arrive désormais à subvenir aux besoins de sa famille grâce au revenu que lui rapporte le manioc. Il déclare : « Je vends le manioc frais et le manioc séché au camp de réfugiés de Nduta. J’exporte aussi du manioc séché vers le Rwanda, le Burundi, la République démocratique du Congo et l’Ouganda. »

Monsieur Chubwa soutient que, dans sa région, un champ de manioc est considéré comme une mine d’or. Un nombre croissant de paysans et de paysannes comptent sur cette denrée pour avoir un revenu. Il affirme que les paysans et les paysannes de la région veulent commencer à produire de la farine de manioc et des aliments pour animaux afin de les vendre dans le pays et à l’étranger.

Il ajoute : « À cause de la production de manioc, nous avons formé une association de 25 agriculteurs. Nous avons construit un bâtiment où nous voulons [commencer à] transformer le manioc. »

Victor Kabunga est un agent de vulgarisation qui travaille depuis neuf ans dans le district de Kibondo, dont fait partie le village de Kitahana. Il rend souvent visite aux cultivateurs et aux cultivatrices de manioc pour voir comment ils s’en sortent et leur donner des conseils.

Monsieur Kabunga déclare : « Je sensibilise les agriculteurs concernant les bonnes méthodes de production du manioc, telles que l’espacement et la sélection des matériaux de plantation. »

Monsieur Kabunga ajoute que les paysans, les paysannes et les gens d’affaires peuvent se procurer un permis d’exportation auprès du ministère de l’Agriculture pour vendre leur manioc dans d’autres pays. S’ils veulent vendre sur les marchés tanzaniens situés hors de leur district, ils demandent les permis auprès du conseil municipal de Kibondo.

Aux dires de monsieur Mikanda, l’avenir semble radieux pour les producteurs et les productrices de manioc. Il ajoute : « Mon ambition est d’exporter les produits du manioc à l’extérieur de l’Afrique, et c’est pourquoi nous voulons créer une industrie où nous transformerons le manioc. »

Il déclare : « Nous demandons au gouvernement d’améliorer les infrastructures de la région de Kigoma pour faciliter le transport de nos produits. »

Il affirme que les revenus générés par le manioc contribuent à l’amélioration de la qualité de vie de sa famille. Il explique : « La saison dernière, j’ai exporté 20 tonnes de manioc séché et j’ai vendu le kilogramme à 500 shillings tanzaniens [0,22 $ US]. J’ai utilisé cet argent pour payer les frais de scolarité de mes enfants et couvrir les dépenses de la maison. »

Cette nouvelle a été produite avec l’appui de l’AGRA, l’Alliance pour une révolution verte en Afrique, dans le cadre du projet « Agricultural transformation for increased income and improved food security and livelihood among smallholder farmers in Kagera region / Western Tanzania. » Les points de vue exprimés dans le présent article ne reflètent pas nécessairement ceux de l’AGRA ou de toute autre organisation.