Éthiopie : Les agriculteurs ramassent les légionnaires d’automne à la main et appliquent d’autres méthodes pour les combattre

30 July 2018
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Alem Digafe marche lentement dans ses champs de maïs boueux, avec des bottes en plastique. Il inspecte son champ pour voir si les légionnaires d’automne ont attaqué les feuilles de ses plants de maïs hauts d’environ 40 centimètres.

Monsieur Digafe est originaire de la ville d’Ambo, à environ 100 kilomètres à l’ouest d’Addis Abeba, la capitale éthiopienne. Aujourd’hui, il est heureux. Il n’a vu aucune trace de légionnaire d’automne dans son champ.

Il inspecte son exploitation de trois hectares chaque jour. Il essaie d’éviter ce qui s’est produit l’an dernier, lorsque la légionnaire d’automne a détruit les cultures de beaucoup d’agriculteurs et d’agricultrices.

Il déclare : « Nous n’étions pas bien informés sur le ver [chenille] et sur la façon dont nous pouvions le repousser. Si nous étions bien informés, nous aurions pu réduire les effets du ver sur nos rendements. »

Depuis lors, les agents de vulgarisation agricole de l’État ont appris à monsieur Digafe et d’autres agriculteurs et agricultrices de la région les méthodes de lutte contre la légionnaire d’automne. Au début, il pensait que les pesticides chimiques constituaient la seule solution. Mais après avoir participé à une formation, il préfère désormais les méthodes traditionnelles de lutte contre cet organisme nuisible.

Il explique : « Je ramasse les vers à la main et je nourris les poules avec ça. Les produits chimiques ne sont pas bons pour l’environnement. »

Shimelis Ayenew est chercheur au Centre pour la conservation des plantes Mizan en Éthiopie. Monsieur Ayenew affirme que les paysans et les paysannes auront des rendements meilleurs à ceux de l’an dernier parce qu’ils ont appris différentes façons de combattre la légionnaire d’automne.

À ses dires, les agriculteurs et les agricultrices devraient commencer à contrôler ce ravageur dès le début de la préparation de la terre. Le labour profond peut exposer les nymphes entourées d’un cocon au soleil qui les tuera.

Monsieur Ayenew ajoute qu’en dehors des pesticides, les agriculteurs devraient appliquer les méthodes traditionnelles telles que le tri à la main et l’élimination des œufs et des chenilles.

Il explique : « Les contrôles routiniers quotidiens comme l’inspection des feuilles des plantes et les tiges sont très importants pour protéger les plantes contre la légionnaire d’automne. »

Yeshi Dugasa est une agricultrice de 32 ans qui possède un champ de maïs de trois hectares dans le village d’Oorrogudduru, à Oromiya, une des régions productrices de maïs d’Éthiopie. Madame Dugasa affirme que la légionnaire d’automne n’a pas considérablement attaqué son maïs l’an dernier, car elle avait repéré le ravageur très rapidement dans ses champs et en avait informé les agents de vulgarisation agricole.

Elle ne s’inquiète pas pour cette année parce qu’elle travaille sur son exploitation chaque jour. Elle soutient qu’elle est actuellement en train de désherber son champ de maïs, car les mauvaises herbes peuvent servir d’abri au ravageur.

Elle explique : « Nous faisons attention aux mauvaises herbes parce qu’elles pourraient être des plantes-hôtes alternatives pour la légionnaire d’automne. »

Selon monsieur Digafe, outre le sarclage et l’inspection des cultures, les agriculteurs et les agricultrices de la région cultivent d’autres plantes dans leurs champs que la légionnaire d’automne attaquera à la place du maïs.

Il ajoute avoir participé à des ateliers de formation sur la légionnaire d’automne, car sa famille dépend du revenu provenant de la vente de leur maïs. Il affirme que ses connaissances sur la lutte contre ce ravageur se sont considérablement améliorées.

Monsieur Digafe ajoute : « Je continuerai à surveiller de près mes plants de maïs pour éviter que le ver ne leur nuise. [Une] mauvaise récolte implique que mes enfants seront incapables de bien suivre les cours. »

Cette nouvelle a été produite grâce au financement de l’Activité sur la chaîne de valeur de l’Initiative Feed the Future Ethiopie de l’USAID dans le cadre du projet “ICT-enabled Radio Programming on Fall Armyworm” (FAWET).