Tanzanie : L’agriculture sous contrat aide les producteurs de vanille à obtenir de bons prix, et un marché stable

02 Avril 2018
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Penina Mungure et ses deux filles parcourent leur champ de fruits et légumes, et inspectent les lianes pour voir s’il n’y a aucun problème. Le temps est frais, le ciel est dégagé et le soleil va bientôt se coucher. Madame Mungure déclare : « La vanille exige une surveillance étroite des lianes dans le champ, au moins deux fois par semaine. »

Madame Mungure vit à Kilala, un village situé près du mont Meru, dans la région d’Arusha, au nord de la Tanzanie. Autrefois, le problème majeur qu’elle et les autres producteurs et productrices de vanille de la région avaient était le manque d’acheteurs et d’acheteuses. Mais, il y a cinq ans, une société de la ville voisine de Moshi, dénommée Natural Extracts Industries ou NEI, a commencé à acheter ses gousses de vanille.

Elle déclare : « Je vais continuer à cultiver la vanille, car je suis certaine d’avoir un marché et le prix est bon. »

Madame Mungure affirme que cela fait plusieurs années qu’elle cultive de la vanille parce que cette culture nécessite peu d’intrants contrairement à d’autres cultures. Elle explique : « La production de la vanille ne coûte pas trop cher, car elle n’a besoin ni de pesticides ni d’engrais industriels. »

Elle soutient que, depuis qu’elle a commencé à cultiver la vanille, son potager n’a jamais connu d’invasion de ravageurs ni de maladies. Lorsqu’elle trouve des ravageurs comme les escargots, elle n’applique aucun pesticide, mais elle les déloge simplement à la main.

Madame Mungure a entrepris l’agriculture sous contrat avec NEI en 2013. Outre le fait que cela lui assure un marché, la société l’aide aussi à apprendre de meilleures pratiques pour la culture de la vanille.

Les producteurs et les productrices de vanille vendent aussi bien les gousses que les lianes. Mais ils préfèrent vendre les gousses, car la suppression des lianes diminue la quantité de gousses que la plante peut produire. Le prix du kilogramme de gousses de vanille varie entre 60 000 et 80 000 shillings tanzaniens (27 $ US à 35 $ US). Les cultivateurs et les cultivatrices peuvent vendre une liane de deux mètres à 2 500 shillings tanzaniens (1,10 $ US).

Nickson Severine est agronome à NEI. Il rend visite aux producteurs et aux productrices de sa région au moins une fois par mois pour voir comment ils s’en sortent et les aider à résoudre leurs problèmes. Il déclare : « Je donne souvent des conseils et sensibilise les producteurs sur la façon dont ils doivent bien cultiver la vanille, individuellement ou en groupe, lorsque cela est nécessaire. »

Monsieur Severine affirme que sa société assure aux cultivateurs et aux cultivatrices un marché stable. La société leur fournit également des citernes d’eau pour stocker de l’eau pour l’irrigation, ce qui est notamment pratique lorsqu’il pleut très peu et en saison sèche.

Cela fait dix ans que Philipo Sululu cultive de la vanille à Arusha. À l’instar de madame Mungure, il a signé un contrat avec NEI pour être certain d’avoir un marché garanti. Il a également appris à cultiver et prendre soin de cette plante grâce à la société.

Selon lui, le contrat convenu lui permet de produire plus de gousses et de lianes de vanille qu’avant. Il ajoute : « Je vais continuer à cultiver la vanille parce que j’ai un marché assuré qui m’offre de bons prix. »

Même si les contrats rapportent plus d’argent aux producteurs et aux productrices, monsieur Sululu soutient que cette denrée exige beaucoup de travail. Il explique : « La culture de la vanille nécessite beaucoup de temps de surveillance au niveau du champ … et il faut attacher les lianes à des perches, car la vanille est une plante grimpante. »

À ses dires, il y a de plus en plus d’agriculteurs et d’agricultrices de la région qui commencent à cultiver la vanille en raison du marché dont dispose cette denrée. Les paysans et les paysannes signent des contrats avec NEI pour l’achat de leurs récoltes à de bons prix peu de temps après la récolte.

Madame Mungure affirme que, depuis qu’elle a commencé à cultiver sous contrat, sa production annuelle a triplé, passant de cinq à quinze kilogrammes. Elle a eu 720 000 shillings tanzaniens (320 $ US) l’an dernier.

En plus de cultiver la vanille, madame Mungure élève aussi des poules. Elle se sert des bénéfices de vente de la vanille pour développer son élevage de poulets. Elle utilise également cet argent pour acheter des vêtements pour sa famille et payer l’eau, l’électricité et d’autres dépenses.

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