Ouganda : L’agriculture aide les enfants du camp de réfugiés de Kyangwali à terminer leurs études

12 Février 2018
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À l’intérieur du camp de réfugiés de Kyangwali, à l’ouest de l’Ouganda, la vie ressemble à celle de tout autre village. Vous n’y trouverez aucune tente érigée par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, mais plutôt des marchés de légumes et des boutiques, vous entendrez de la musique et vous verrez des personnes de tous âges vaquant à leurs occupations.

Le camp est situé près de la ville de Hoima, non loin de la frontière avec la République démocratique du Congo. Près de 40 000 réfugié(e)s congolais, rwandais, burundais et du sud-soudanais y vivent. Cela fait de plus de 20 ans que plusieurs sont installés là-bas.

Généralement, beaucoup d’enfants déplacés abandonnent leurs études en raison de problèmes tels que la pauvreté, la faim et la maladie. Mais la situation est différente dans le camp de Kyangwali, et ce, grâce à un projet agricole de jeunes qui permet aux enfants de rester en bonne santé et d’aller à l’école.

Alice Ngabire étudie dans une école secondaire de Hoima. Elle déclare : « [Avant] je ne connaissais rien de l’agriculture, mais maintenant j’ai appris les techniques. Je peux semer, cultiver et récolter. »

Le camp est un ensemble de villages éparpillés sur une vaste terre de l’État ougandais. Presque chaque famille dispose d’une demi-acre pour produire des aliments, cultiver des denrées telles que le maïs, le haricot, l’igname, la canne à sucre et les légumes. Plusieurs réfugié(e)s élèvent aussi des poules, des chèvres, des moutons ou des bœufs. Certaines maisons sont recouvertes de toits métalliques, tandis que d’autres ont des toits de chaume.

Le gouvernement ougandais gère les écoles publiques, mais beaucoup de parents n’ont pas d’argent pour payer les frais de scolarité. De plus, certains enfants ont perdu leurs parents durant de violents conflits. Toutefois, actuellement, une solution de rechange permet à ces enfants d’aller à l’école. En effet, ils peuvent payer avec du maïs et du haricot plutôt qu’en espèces.

Les jeunes du camp ont créé l’Organisation internationale des jeunes congolais, burundais, rwandais et sud-soudanais pour transformer l’Afrique, ou CIYOTA. Cette organisation a ouvert sa propre école primaire dans le camp. Elle a également 20 acres de terres agricoles où les jeunes peuvent cultiver des aliments pour leurs familles et payer leurs frais de scolarité.

Afya Niitegeka, membre de la CIYOTA, étudie à l’école secondaire de Kitara, à Hoima. Elle déclare : « Nous labourons, semons, cultivons et récoltons. Cela nous aide à produire de la nourriture [pour l’école]. À la maison, je peux désormais aider mes parents à cultiver également. »

Joseph Munyambanza est le cofondateur de la CIYOTA. Il affirme que la ferme gérée par les jeunes produit de la nourriture pour environ 450 enfants du primaire et plus de 200 élèves du secondaire. Ces enfants font partie des personnes les plus vulnérables du camp.

Lorsque les familles du camp sont à court de nourriture, la CIYOTA leur donne du maïs et du haricot, et les familles les lui rendent après la récolte.

Monsieur Munyambanza soutient que les écoles fournissent le petit déjeuner et le déjeuner aux enfants du primaire, et les repas du soir à ceux qui sont dans les internats.

Pendant les week-ends et les vacances scolaires, les élèves aident à semer, cultiver et récolter.

Selon monsieur Munyambanza, les parents donnent 50 kilogrammes de maïs et cinq kilogrammes de haricot chaque trimestre en lieu et place des frais de scolarité. Il déclare : « Un enfant affamé n’ira pas à l’école, et les rations alimentaires offertes par le HCR ne suffisent pas à les nourrir. Par conséquent, lorsque les membres de la CIYOTA ont commencé à cultiver, les écoles ont pu offrir des repas aux enfants. Et cela leur procure une bonne santé et [assez] d’énergie pour s’asseoir en classe et terminer leurs études. »

John Bosco est le directeur de l’école primaire. À ses dires, l’agriculture permet aux enfants de terminer leurs études primaires et poursuivre des études secondaires. Il ajoute : « Nous avons suffisamment de nourriture pour alimenter les enfants et nous avons également des aubergines [pour donner de la saveur]. »

Monsieur Okaboi affirme qu’autrefois, il était impossible pour plusieurs enfants d’aller à l’école parce qu’ils étaient affamés. Il ajoute : « L’école a de bons résultats aux examens nationaux et dans d’autres activités parascolaires, ce qui a poussé le gouvernement à nous appuyer en nous offrant une terre pour l’agriculture. »

Augustine Muganza est une élève du secondaire qui cultive pour pouvoir payer ses frais de scolarité. Il déclare : « Je passais mon temps à flâner, mais mes amis m’ont parlé d’un groupe qui aidait les enfants à aller à l’école. J’ai été acceptée et j’ai pu terminer mes études primaires. Maintenant, je suis en train de compléter mes études secondaires. »