Tanzanie : Des agriculteurs améliorent la santé et les conditions d’hygiène des porcs pour lutter contre la peste porcine africaine

15 Janvier 2018
A translation for this article is available in English

Cuthbert Swai a construit une maison et de petits enclos pour ses porcs et ses poules sur son terrain de trois acres et demi dans le district de Boma Ng’ombe, à 130 kilomètres environ de la ville touristique d’Arusha, au nord de la Tanzanie. Monsieur Swai peut désormais gagner sa vie et subvenir aux besoins de sa famille, car il a appris à gérer la peste porcine africaine, une maladie de porc très contagieuse qui est répandue en Tanzanie. Il déclare : « Depuis que j’ai déplacé mes porcs dans un nouveau bâtiment et les ai vaccinés, ils croissent plus vite et ont l’air en bonne santé … leur peau brille maintenant et ils ont pris du poids. »

Autrefois, monsieur Swai élevait ses porcs derrière sa maison simplement. Cet éleveur de porcs de 35 ans affirme que beaucoup de ménages de sa région ont jusqu’à 10 animaux domestiques dans leurs concessions.

Mais les vétérinaires rendaient rarement visite aux agriculteurs et aux agricultrices et un grand nombre de porcs vivaient dans des conditions peu hygiéniques, avec de la nourriture de mauvaise qualité et aucun accès aux vaccins. Par conséquent, les maladies telles que la peste porcine africaine constituaient un grand problème. Cette maladie a divers symptômes, et certains cas sont très graves. Les symptômes englobent une forte fièvre, un manque d’appétit, une léthargie et un état de fragilité.

Il n’existe aucun remède ni aucun vaccin contre la peste porcine africaine. Toutefois, l’amélioration des conditions d’hygiène sur la ferme et le contact limité avec des objets contaminés, y compris les outils, les vêtements et la nourriture contaminée consommée par les porcs, peut limiter la propagation de la maladie. En outre, la vaccination et la vermifugation des porcs peuvent les maintenir en bonne santé généralement, ce qui réduit le risque qu’ils soient malades.

Monsieur Swai affirme que, lors des années précédentes, il fallait environ une année pour que ses porcs atteignent un poids de 28 kilogrammes environ, ce qui faisait qu’ils étaient à peine assez gros pour être vendus. Il avait souvent de la difficulté à les vendre, car ils étaient petits et avaient des vers. Il déclare : « La majorité des porcs avaient des vers et il leur arrivait de mourir à un jeune stade, ce qui entraînait une perte de revenus. »

Il ajoute qu’une raison pour laquelle la maladie est difficile à combattre c’est que plusieurs porcs errent à la recherche de nourriture, ce qui se solde par l’infection d’autres porcs qui tombent par la suite malades et se vendent à un mauvais prix au marché.

Steven Vincent Njau est agent agricole de terrain en Tanzanie. Selon lui, en 2012, la peste porcine africaine a conduit certaines régions du pays, dont Mbeya, Rukwa, Dodoma, Dar es Salaam et les régions côtières, à interdire d’exporter et de vendre des porcs vivants et de la viande de porc d’une région à une autre sans permis. Ces restrictions demeurent en vigueur en 2018.

Monsieur Njau ajoute : « Après l’épidémie [de peste porcine africaine], nous sommes devenus plus prudents. Chaque semaine, nous annonçons dans les églises et les mosquées que nous nous rendrons chez les agriculteurs pour vacciner les porcs et inspecter les porcs qui ont été abattus. »

Rosemary Sandamu est agente vétérinaire dans le district de Boma Ng’ombe. Elle affirme que le gouvernement encourage les agent(e)s vétérinaires à se rendre dans les familles pour aider les agriculteurs et les agricultrices à améliorer la santé et les conditions d’hygiènes de leurs porcs, ce qui permettra de réduire la propagation de la peste porcine africaine. Elle explique : « J’aime passer du temps avec les agriculteurs pour leur donner des conseils sur la façon dont ils peuvent garder leurs porcs en meilleure santé en les confinant dans la porcherie, en leur donnant de bons aliments et en construisant la porcherie loin de la [maison] dans laquelle ils habitent pour éviter … toute contamination. » Par exemple, il peut être malsain de laisser des porcs errer près des latrines. Les gens qui touchent des animaux infectés peuvent transmettre le virus aux animaux sains.

Mme Sandamu soutient que l’épidémie de peste porcine africaine dans la région a poussé beaucoup de paysans et paysannes à améliorer l’habitat et l’alimentation de leurs porcs, et vacciner leurs bêtes. À ses dires, la demande pour des porcs en meilleure santé est forte maintenant et les agriculteurs et les agricultrices ont appris à garder leurs porcs en bonne santé. Elle ajoute que plusieurs construisent désormais des porcheries loin des maisons pour éviter tout contact avec des déchets humains et des articles éventuellement contaminés tels que les vêtements, les outils et les véhicules, ainsi que d’autres animaux.

La situation s’est améliorée pour les éleveurs et les éleveuses de porcs de Boma Ng’ombe. Mme Sandamu affirme que, pendant deux ans, les agent(e)s de vaccination ont réussi à se rendre chez la plupart des éleveurs et éleveuses de porcs de la région. Elle déclare : « Ils [les éleveurs] élèvent maintenant des porcs en très bonne santé. Je vois beaucoup d’acheteurs d’autres régions voisines qui viennent à Boma Ng’ombe pour acheter des porcs. »

Samson Molle élève des porcs à Meru, dans la région d’Arusha, en Tanzanie. Il possède 30 gros porcs et 15 porcelets sur sa ferme. Il soutient que cela fait maintenant des années que la vaccination lui permet d’accroître ses revenus de vente de porcs.

Il ajoute : « Contrairement à d’autres éleveurs des environs, je maintiens mes porcs en très bonne santé. Tous les deux mois, je les vermifuge, et ils sont tous vaccinés. J’ai creusé mon propre puits pour avoir de l’eau potable pour mes porcs. »

Après avoir participé à une formation sur la façon de garder les porcs plus en santé, monsieur Swai affirme être désormais heureux parce qu’il faut seulement sept à huit mois à ses porcs pour atteindre un poids variant entre 50 et 55 kilogrammes. Il déclare : « Les acheteurs viennent maintenant des régions voisines … pour nous acheter des porcs. Certains même font une réservation au prix de 4 500 shillings tanzaniens [2 $ US] environ le kilogramme et nous vendons le kilogramme de viande à la boucherie de Boma à 3 800 shillings tanzaniens [1,66 $ US]. »