Tanzanie : Les coûts élevés et l’offre limitée frustrent les producteurs de maïs en quête de semences hybrides

06 Novembre 2017
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Maintenant qu’il commence à pleuvoir dans la région de Tanga, en Tanzanie, les cultivateurs et les cultivatrices de maïs sont plus optimistes par rapport à la deuxième récolte de cette année. Leurs récoltes de juillet et août étaient meilleures à celle de l’an dernier, où il avait plu tard et très peu.

Mwanaidi Bakari est une des nombreuses agricultrices du district de Muheza. Dans cette région, les femmes sont les principales productrices de maïs, tandis que les hommes préfèrent les cultures rentables telles que les fruits, la canne à sucre et le thé.

À Tanga, plusieurs cultivateurs et cultivatrices de maïs ont hâte de tester les nouvelles variétés de maïs tolérant la sécheresse et résistantes aux maladies. Cependant, certains n’ont pas les moyens d’acheter les semences, et d’autres se rendent compte que les semences sont indisponibles au moment des semis.

En 2016, Mme Bakari a obtenu de maigres récoltes, et avait envisagé de cultiver en plus du manioc sur son lopin. Ainsi, même si son maïs ne réussissait pas, elle récolterait au moins du manioc. La météo posait un énorme problème. Il n’avait pas plu au moment où on s’y attendait, et les précipitations avaient été maigres lorsqu’elles arrivèrent.

Toutefois, Mme Bakari décida de se concentrer sur le maïs, car elle pensait que les nouvelles variétés comme la Nata Hybrid 104 et la Nata Hybrid 105 pourraient l’aider, mais elle n’avait pas les moyens d’acheter des semences hybrides.

Le kilogramme de chacune des deux variétés coûte 5 000 shillings tanzaniens (2,20 $US). Les agriculteurs et les agricultrices ont besoin d’au moins cinq kilogrammes de semences pour une acre. Par conséquent, comparativement à l’utilisation des semences entreposées, les nouvelles variétés exigent un investissement important.

Mme Bakari déclare : « Les semences coûtent très cher. C’est pourquoi nous sommes incapables de les acheter, et nous cultivons les semences locales. »
Heureusement pour Mme Bakari et d’autres paysans et paysannes de Tanga, la première moisson de maïs a été bonne cette année, et ce, aussi bien pour les variétés traditionnelles que les nouvelles variétés.

Mwajuma Mhina cultive le maïs dans le district de Kilindi, toujours dans la région de Tanga. Elle déclare : « Honnêtement, les conditions météorologiques ont été très mauvaises l’an dernier. J’ai cultivé une acre et je n’ai récolté que deux sacs de maïs [de 100 kg]. Mais cette année, le temps a été plus clément. J’ai pu cultiver deux acres et j’ai récolté six sacs et demi de maïs. »

Les nouvelles conditions climatiques posent des problèmes à tous les agriculteurs et agricultrices. Cependant, elles constituent particulièrement un problème pour les producteurs et productrices de maïs, car celui-ci a besoin d’une grande quantité d’eau. De plus, la météo n’est pas le seul facteur présentant un risque pour l’obtention d’une bonne récolte. Les maladies et les ravageurs des plantes constituent une source de préoccupation permanente.

Mme Mhina affirme avoir appris à contenir plusieurs ravageurs avec des pesticides, en écoutant des agriculteurs et des agricultrices raconter leurs expériences à la radio. Une émission agricole de la radio Voice of Africa parle de culture du maïs et de saison agricole depuis septembre 2016.

Asha Mbelwa est technicienne agricole à Tanga. Elle soutient que le problème majeur auquel sont en proie les paysans et les paysannes de sa région est l’accès aux intrants agricoles, y compris les nouvelles variétés de semences. En effet, soit le prix est trop élevé, soit les agriculteurs et les agricultrices sont incapables de trouver suffisamment de semences.

Jeni Elia Lumambo cultive également le maïs dans le district de Kilindi. Après avoir entendu à la radio que les nouvelles variétés résistaient mieux aux maladies que les variétés traditionnelles, elle a voulu cultiver le maïs hybride. Cependant, il lui fut impossible de trouver une quantité suffisante de nouvelles semences. Par conséquent, elle décida de cultiver un mélange de semences hybrides achetées et de semences traditionnelles qu’elle avait gardées de récoltes précédentes.

Mme Lumambo affirme que son maïs a bien produit et qu’elle a récolté sept sacs de maïs. Mais, elle dit qu’elle essaiera de trouver suffisamment de semences hybrides de maïs pour la prochaine saison.

Le présent article a été produit avec l’appui du Fonds de stimulation des services de vulgarisation en TIC pour la Nouvelle Alliance de l’USAID, par l’entremise du Fonds international de développement agricole en Tanzanie, https://www.ifad.org/

Histoire écrit avec l’aide de Emerilinda Temba

Photo: Mwanaidi Bakari à Muheza, Tanzania