Ouganda : Une veuve séropositive élève des porcs pour améliorer ses revenus et sa santé

27 Novembre 2017
Une traduction de cet article est disponible en English

Aida Among a été testée séropositive en 2001. Peu de temps après, cette agricultrice est devenue veuve lorsque l’Armée de résistance du Seigneur tua son mari.

Mme Among est une agricultrice de Njeru, un village du district de Buikwe, au centre de l’Ouganda. Après le décès de son mari, elle tenta de gagner sa vie en cultivant du haricot, du maïs, du manioc et des légumes. Mais le marché était saturé, ce qui l’empêchait de gagner beaucoup d’argent.

En 2011, sa situation changea. Les Services nationaux de vulgarisation agricole (NAADS) de l’Ouganda lancèrent un nouveau programme dans son village. Mme Kintu est la directrice locale des NAADS. Elle présenta Mme Among et d’autres agriculteurs et agricultrices séropositifs à James Byarugaba, un agent de programme des NAADS.

Monsieur Byarugaba apprit à ces paysans et ces paysannes comment élever des animaux et cultiver des plantes. Mme Among choisit d’élever des porcs. Elle explique : « J’avais assez de place pour garder des porcs. De plus, les porcs grandissent vite et leur viande se vend 10 000 shillings le kilogramme [environ 3,90 $ US à cette époque] en ville. »

Quand les NAADS distribuèrent le premier lot de porcs en 2011, Mme Among était parmi les 10 bénéficiaires de son village. Chaque agriculteur a reçu un porc. Mme Kintu déclare : « Notre première priorité était de servir les personnes séropositives; les autres en bénéficieront plus tard. »

En novembre 2011, Mme Among a accouplé sa truie avec le verrat d’un voisin, et la truie a eu dix porcelets. Elle en vendit cinq pour 50 000 shillings ougandais (18 $ US) chacun. Mme Among donna aussi un des porcelets à une autre famille, en vertu des conditions fixées par le projet des NAADS. Ce porcelet fut le premier à être ainsi légué dans le village, et cet acte suscita beaucoup d’effervescence et d’enthousiasme dans la localité.

Mme Among affirme que l’élevage de porc est un nouveau départ pour elle. Elle explique : « Les porcelets que j’ai vendus ont vraiment changé ma vie. J’ai pu plâtrer ma maison de trois chambres que mon défunt mari avait laissée en ruines. » Elle a ajouté un sol en ciment, et espère bientôt connecter la maison au réseau de services électriques.

Tonny Rugyendo est un agriculteur de 56 ans qui a lui aussi bénéficié du programme des NAADS. Il déclare : « Je ne pouvais pas me permettre d’acheter un lopin de terre pour cultiver des légumes. Mais le porc que j’ai eu m’a donné cinq porcelets. Je paye maintenant les frais d’école secondaire pour mes deux garçons. »

En février 2013, les porcs de Mme Among ont produit 21 autres porcelets. Elle en a vendu 18 à des agriculteurs et des agricultrices locaux qui admiraient sa race « blanche et imposante ». Cette vente lui a rapporté 330 $ US.

Muwereza Patrick est boucher au marché de Bukaya, et il fait l’éloge de ses porcs. Il déclare : « J’achète maintenant les porcs de chez Mme Among (…) Ses porcs sont plus lourds que ceux que j’achetais avant. »

Mme Among a maintenant 24 porcs. Monsieur Byarugaba déclare : « Nous avons constaté un bon rendement pour le projet avec les porcs. Les membres … ont plus bénéficié que les cultivateurs de légumes, car la dernière saison a été sèche. »

Mme Among déclare : « En plus de terminer ma maison, j’ai acheté une vache laitière en mars de cette année, qui a eu aussi un veau en avril … Je peux obtenir entre dix et treize litres de lait par jour. » Elle vend dix litres au centre commercial voisin de Njeru à 12 000 shillings (4,60 $ US), et utilise le surplus de lait à domicile.

Ses revenus provenant des porcs, en plus de ceux de la vente de lait, ont amélioré ses conditions de vie. Son régime alimentaire s’est amélioré parce qu’elle garde du lait pour sa propre consommation. Elle croit que ses réussites ont amélioré sa santé.

Elle déclare : « Je n’ai pas de souci quant à ma santé et mon avenir. J’ai suffisamment de nourriture pour ma famille, en plus des revenus quotidiens que je gagne en vendant du lait. Ma fille étudie bien et je suis en mesure de payer ses frais scolaires jusqu’au niveau de l’université. »

La présente nouvelle a été initialement publiée en juillet 2013.