Kenya : Des exploitants de fermes laitières accroissent leur production en nourrissant leurs vaches avec du Brachiaria (Ensia)

09 Octobre 2017
Une traduction de cet article est disponible en English

Albanas Nduva élève 10 vaches laitières sur ses 12 acres de terre, au village de Kikambuani situé à une heure de route, à l’est de Nairobi. Ses vaches produisent plus de lait maintenant qu’elles consomment le Brachiaria à la place de l’herbe à éléphant. Monsieur Nduva cultive le Brachiaria sur deux acres.

Il déclare : « Cette herbe pousse très vite comparativement aux autres, et j’ai remarqué que mes vaches produisent plus de lait. »

Monsieur Nduva élève ses bêtes dans un enclos, et utilise par conséquent l’herbe comme fourrage plutôt que de les envoyer paître. Il ajoute : « Je récolte l’herbe tous les deux mois, ce qui n’est pas le cas avec d’autres variétés comme l’herbe à éléphant à laquelle il faut trois à quatre mois pour parvenir à maturité. »

Chacune des vaches de monsieur Nduva lui procurait 38 litres de lait par jour avant qu’il commence à les nourrir avec la nouvelle herbe. Maintenant, il a 47 litres par vache.

En Afrique subsaharienne, un nombre croissant d’éleveurs comme monsieur Nduva s’adaptent au changement climatique en cultivant du Brachiaria. Certaines variétés de Brachiaria peuvent résister à des conditions extrêmes telles que la sécheresse et les sols infertiles.

En octobre 2016, le Centre international pour l’agriculture tropicale, ou CIAT a mené des études sur les avantages potentiels du Brachiaria pour l’Afrique de l’Est. Les chercheurs ont conclu que les éleveurs pouvaient produire 15 à 40 % plus de lait en utilisant cette herbe qui résiste à la sécheresse.

An Notenbaert est la coordonnatrice du CIAT chargée de la production de fourrage en Afrique. Elle affirme que le Brachiaria peut pousser même en saison sèche, contrairement à l’herbe à éléphant que beaucoup d’éleveurs utilisent comme fourrage lorsqu’ils ne font pas paître leurs vaches.

Madame Notenbaert explique : « Les éleveurs aiment le Brachiaria en raison de sa capacité à s’adapter dans les zones à faible pluviosité … et aux sols pauvres et acides, et à fournir du fourrage vert toute l’année sans aucun apport d’engrais. »

Elle ajoute que le Brachiaria est également riche en protéines, car il a plus de feuilles et ses tiges sont plus minces que celles de l’herbe à éléphant.

Une étude réalisée en 2012 a révélé que le Brachiaria était bon pour l’environnement parce que les vaches la digéraient plus facilement. Une meilleure digestion signifie moins d’émission de méthane, un gaz à effet de serre puissant. En outre, comme le Brachiaria a des racines profondes, il absorbe plus de carbone que les autres herbes. Cela contribue à atténuer le réchauffement climatique.

Donald Njarui est chercheur à la Kenya Agricultural and Livestock Research Organization, une agence de recherche gouvernementale. À ses dires, plus de 6 000 éleveurs cultivent maintenant du Brachiaria partout au Kenya.

Monsieur Njarui affirme que la prochaine étape majeure sera l’homologation des variétés de Brachiaria. Cela permettra d’importer les semences, ce qui pourrait faciliter une plus grande distribution et plus de recherches.

Monsieur Njarui déclare : « Cela permettra d’importer les semences de partout à travers le monde, ce qui n’est pas le cas actuellement. » Il ajoute que le Brachiaria joue un rôle très important dans le monde, et qu’il existe déjà une production commerciale de ses semences dans les grands pays de production bovine tels que le Brésil.

Face aux conditions climatiques instables, les agriculteurs et les agricultrices d’exploitations familiales peuvent avoir de la difficulté à obtenir de bons rendements de cultures, surtout dans les régions tributaires de l’agriculture pluviale. Les pratiques productives, abordables et accessibles telles que l’utilisation du Brachiaria pourrait faire la différence entre survivre difficilement et prospérer face à un avenir de plus en plus incertain.

Le présent article est adapté d’un article initialement publié par Ensia, et intitulé « How some African farmers are responding to climate change – and what we can learn from them. » Pour lire l’intégralité de l’article, cliquez sur : https://ensia.com/features/african-farmers-responding-climate-change-can-learn/

Photo: A dairy cow calf on display at the National Agricultural Fair in Blantyre