Tanzanie : Une variété de maïs hybride augmente les récoltes, mais également les coûts

08 May 2017
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Février marque le début de la saison pluvieuse dans la région de Tanga, sur la côte tanzanienne. Les agriculteurs et les agricultrices ont déjà préparé leurs terres et certain(e)s ont commencé à semer le maïs. Toutefois, le coût élevé des semences hybrides améliorées pose problème à bon nombre de cultivateurs et cultivatrices de maïs. Dans le district de Muheza, plusieurs paysans et paysannes choisissent les semences locales, car elles coûtent moins cher, même si leur rendement est moins élevé.

Jumanne Juma est un producteur du district de Muheza qui gagne sa vie grâce au maïs. Il est le secrétaire d’Umoja ni Nguvu, une association paysanne. Il supervise la parcelle témoin de l’association sur laquelle ils ont semé des variétés de maïs améliorées adaptées à la sécheresse, y compris la Nata Hibrid 104 et la Nata Hybrid 105.

Cela fait deux saisons que M. Juma cultive des variétés améliorées et il réussit mieux que ses voisin(e)s. Il déclare : « Durant les deux dernières saisons, j’ai été incapable de récolter suffisamment en raison du changement climatique et des pluies très faibles, mais je n’ai pas perdu tout mon maïs, contrairement à mes collègues qui ont cultivé les variétés locales. »

Malgré ses bons résultats, M. Juma juge le coût des semences améliorées de maïs élevé. Le kilogramme coûte 5 000 shillings tanzaniens (2,21 $US). Selon lui, il faut huit kilogrammes pour cultiver une acre. Il explique :  « Nous sommes en groupe, donc nous pouvons nous permettre de payer ce prix, mais, individuellement, les agriculteurs et les agricultrices ne peuvent pas se [le] permettre. »

Mduruma Zebeda est chercheuse et directrice générale de la Société Aminata qui mène des études sur les semences améliorées dans la région de Tanga. Elle est d’avis que les variétés améliorées de maïs ne sont pas abordables, mais souligne qu’il coûte cher de produire des semences.

Le maïs hybride provient de la pollinisation croisée de différentes variétés visant à obtenir des semences adaptées à la sécheresse et capables de produire énormément. Les semences ne sont pas génétiquement modifiées. Les semences génétiquement modifiées ne sont pas autorisées en Tanzanie, sauf dans les champs dédiés à la recherche.

Asha Mbelwa est agente de vulgarisation agricole dans le district de Muheza. Elle affirme que les agriculteurs et les agricultrices se plaignent souvent du coût des semences améliorées. Ils s’inquiètent également par rapport à leur faible taux de germination. Elle explique : « Certains agriculteurs et agricultrices ont cessé d’utiliser les graines améliorées parce que peu d’entre elles germent lorsqu’ils les sèment. »

Les producteurs et les productrices peuvent acheter 20 kilogrammes de semences locales à 21 000 shillings tanzaniens (9,30 $US). Si on calcule, cela fait environ 1 000 shillings le kilogramme, ce qui est très en deçà des 5 000 shillings par kilogramme demandés pour les semences améliorées. Néanmoins, Mme Mbelwa encourage les agriculteurs et les agricultrices à cultiver les semences améliorées, car celles-ci résistent à la sécheresse.

Leurs rendements sont aussi plus élevés. Certains producteurs et productrices ont noté qu’ils pouvaient récolter 28 à 30 sacs sur une acre de semences améliorées, mais n’obtenaient que quatre ou cinq sacs avec les semences locales.

Asha Malingumu préside l’association paysanne Changamoto, et vit à Misalai, dans la région de Tanga. Elle a cultivé des semences améliorées et a obtenu une bonne récolte, même si elle admet que les coûts sont élevés, surtout lorsque les paysans et les paysannes doivent acheter en plus des engrais et des pesticides pour protéger leurs cultures.

Les cultivateurs et les cultivatrices de sa région ont eu la chance d’avoir une bonne récolte la saison dernière. Misalai est situé dans les montagnes. Cette région est arrosée la majeure partie de l’année, ce qui permet de produire des denrées même lorsque la saison pluvieuse est mauvaise.

Elle déclare : « Notre ferme mesure une acre, et nous avons planté des semences améliorées de maïs que nous ont offert des chercheurs. Les récoltes sont très bonnes. »

This work was created with the support of USAID’s New Alliance ICT Extension Challenge Fund, through the International Fund for Agricultural Development in Tanzania, https://www.ifad.org/