Cameroun : Une nouvelle technique de culture de tomates engendre du succès (Agribusiness TV)

17 October 2016
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Jean Marie Kameni s’est orienté vers l’agriculture pour pouvoir gagner un peu d’argent tout en enseignant à l’école secondaire de son village. Debout au milieu de rangées de tomates soigneusement plantées et enguirlandées autour de tuteurs, il raconte son histoire. Ces tuteurs aident les plants à pousser en hauteur, plutôt que de s’étaler au sol.

M. Kameni s’emploie à devenir un expert en culture de tomates à l’ouest du Cameroun. Il teste des techniques agricoles qui protègent une culture contre les flétrissures et les organismes nuisibles, et cela lui rapporte plus d’argent au marché.

Il explique : « L’itinéraire technique que j’ai utilisé…. Vous voyez dans plusieurs zones, on n’attache pas la tomate. [On] laisse la tomate couchée, et cela a beaucoup d’inconvénients, puisque les rongeurs aussi consomment les fruits qui sont déposés au sol. »

La méthode traditionnelle de production de tomates, qui consiste à les laisser pousser sur le sol, fait également que plusieurs tomates se décomposent plus rapidement, surtout en saison pluvieuse. Le résultat, dit M. Kameni, c’est qu’on retrouve des fruits sales au marché.

M. Kameni installe plutôt des tuteurs à travers son champ. Il attache dix plants de tomate à chaque tuteur pour permettre aux fruits de pousser un mètre au-dessus du sol.

L’empire de tomates de M. Kameni est très prospère. Il peut récolter 800 caisses de tomates sur son champ de 800 mètres carrés. Cela lui rapporte quatre millions de francs (6 700 $US). Au départ, il a investi 2,5 millions de francs (4 200 $US).

Mais ce n’est pas du jour au lendemain que l’agriculture a réussi à l’homme de 31 ans.

Il se rappelle : « Après mon baccalauréat, n’ayant pas de moyens, je suis allé faire des cours de vacation en mathématique, en physique-chimie dans le lycée de mon village…. Quand j’ai amassé un peu d’argent et j’ai acheté une forêt, j’ai abattu, j’ai créé une cacaoyère, un hectare. »

Il a rencontré de nombreuses difficultés avec la production de cacao, y compris les maladies fongiques. Il a perdu une grande quantité de cabosses. Il déclare : « Tout ça était dû à une mauvaise formation. »

Donc, M. Kameni a suivi une formation à l’école technique d’agriculture locale de Bafang, et a financé ses études en exploitant son champ. Après l’obtention de son diplôme, il a trouvé un emploi bien rémunéré et s’est débrouillé pour économiser un peu d’argent.

Grâce aux économies d’un million de francs (1 680 $US) que lui avait rapporté son travail, dont 500 000 francs (840 $US) provenant de sa plantation de cacao, et un prêt d’un million de francs (1 680 $US) consentis par son frère, M. Kameni a investi 2,5 millions de francs dans son entreprise de tomates.

Il explique : « J’ai acheté une motopompe qui m’a coûté près de 536 000 francs (900 $US), qui peut refouler l’eau jusqu’à 1,200 kilomètre. J’ai acheté des tuyaux, des fûts en plastique et des pulvérisateurs. La semence aussi m’a coûté 255 000 francs [430 $US], parce que c’était une semence hybride, résistant à la maladie. C’est une variété qu’on appelle ‘barnum’ qui produit beaucoup. »

Son investissement a généré des bénéfices. Avec un chiffre d’affaires de quatre millions de francs (6 700 $), il a pu rembourser ses dettes, et économiser suffisamment pour louer trois autres hectares.

Il ajoute : « [Actuellement], la semence que je cultive est une semence d’environ 730 000 francs [1 230 $US]. C’est quatre fois la semence que j’ai semée la dernière fois. »

Il emploie aussi des gens sur son exploitation. Ces personnes l’aident à tous les niveaux, de la plantation aux récoltes. Les employés admirent cette agroentreprise qu’a bâtie M. Kameni.

Emmanuel Ngaleu travaille pour M. Kameni. Il raconte : « Il est l’homme qui est venu nous faire sortir du noir, puisqu’on ne savait pas que l’agriculture de seconde génération pouvait réussir dans notre secteur. Nous sommes très contents et on compte aussi être comme lui. Nous sommes déjà en train de nous former sur le terrain, et nous espérons devenir comme lui demain. »

Pour voir la vidéo de laquelle s’inspire cet article intitulé « Cameroun : il veut devenir le roi de la tomate », cliquez sur : http://en.agribusinesstv.info/Cameroon-He-wants-to-become-the-tomato-king_v86.html

 

Photo credit: AgribusinessTV